Chroniques·Thriller

Chronique 2 TRS : Les Réponses d’Elizabeth Little

Couverture du livre

Résumé : Après un procès qui a passionné l’Amérique, la jeune Janie Jenkins est reconnue coupable de l’assassinat de sa mère, la très fortunée Marion Elsinger. Dix ans plus tard, à la suite d’une enquête sur la manipulation de preuves, Jenkins sort de prison. Sa libération scandalise le pays, convaincu de la culpabilité de la riche héritière. Janie est-elle coupable ou innocente ? Elle-même n’en a pas la moindre idée. Trop ivre la nuit du meurtre, elle n’a plus aucun souvenir de ses faits et gestes. il ne lui reste en mémoire que les deux derniers mots prononcés par sa mère, deux mots mystérieux qui la conduiront à trouver ses réponses dans une petite ville du Middle West.

Les Réponses d’Elizabeth Little, publié aux éditions 10/18, est un thriller psychologique paru en 2014. L’autrice nous emmène dans son univers un peu frustre, cinglant et brut, pour nous raconter l’histoire de Jane Jenkins alias Janie alias Rebecca Parker.

L’écriture est, sans aucun doute, différente de ce que l’on peut rencontrer habituellement dans les polars. Naviguant entre la nonchalance et le détachement de la protagoniste, Elizabeth Little enchaine les métaphores étonnantes qui cadrent le caractère du personnage de Janie. Brute, franche, et un peu je m’en foutiste, la jeune fille devenue femme (elle a passé 10 ans en prison) est dépeinte par l’autrice d’une manière abrupte, le lecteur se heurtant parfois à des propos choquants mais réels, permettant de comprendre le comportement de ce personnage abîmé par la vie. Cette écriture, qui peut au départ choquer-étonner-amuser est un vrai plus puisque se servant beaucoup du familier, l’histoire ne fait pas de chichi en fanfreluches littéraires qui peuvent, pour certains et certaines, alourdir un livre qui serait tout aussi bien sans.

Le fil conducteur de l’histoire est la quête de notre personnage principal, Janie Jenkins, qui sous les coups de l’alcool et de la drogue, peine à se souvenir de la soirée du meurtre de sa mère. Accumulant des indices au fur et à mesure de ses années passées en prison, elle désire connaître la vérité et découvrir si elle est une meurtrière, ou pas, et c’est d’ailleurs toute cette histoire qui nous tient en haleine pendant 500 pages. « Et j’ai ignoré la petite voix me soufflant que tuer de nouveau serait la seule façon de jamais en avoir le cœur net ». C’est cette citation qui nous fait comprendre, à la fin du tout premier chapitre, que notre personnage est torturé par l’idée qu’elle ait pu tuer quelqu’un, malgré l’indifférence de surface dont elle fait preuve, et que l’on retrouve dans à peu près tout le bouquin.

Pourtant, et même si la chronologie de l’histoire est très bien réfléchie, le rythme s’essouffle un peu en milieu de bouquin, chose qui arrive malheureusement souvent dans les quêtes relatées dans les romans. Un vide d’une vingtaine de pages et quelques incompréhensions (de ma part bien évidemment, il s’agit aussi de mon avis subjectif), notamment lors de la découverte de son identité vraie ont entaché un début si prometteur.

La fin m’a semblé accélérée, provoquée un peu rapidement, apportant un peu de frustration pour le lecteur. Malgré cela, ce ending est finalement une fin logique, amenant à penser de l’oeuvre qu’elle n’est pas une fin mais plutôt une boucle qui se rejoint pour recommencer, et ainsi de suite (je ne peux pas vous en dire pour ne pas vous spoiler, mais vous avez compris l’idée). Une citation de Publilius Syrus m’est d’ailleurs venue à l’esprit lorsque j’ai fini ma lecture :  » La fin d’un mal présent est toujours la préface d’un autre mal futur qui déjà vous menace « . Cette phrase est la parfaite illustration de ce livre.

À lire ou pas ? Même si la fin m’a paru un peu accéléré, ce livre est tout de même une œuvre qui se laisse facilement lire et dont l’histoire inventive est très intéressante. Ce n’est pas un livre que je relirai mais l’histoire m’a tout de même plu, et si vous recherchez un polar à lire rapidement, je vous le conseille, mais ce n’est pas non plus le thriller de l’année.

3,5/5 pour cette œuvre, grâce à l’inventivité et l’écriture originale de l’autrice.

Et vous, qu’avez-vous pensé de Les Réponses ? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour me donner votre avis !

Bouqinement vôtre, Jade.

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