Chroniques·Fantastique

Chronique 4 TRS : Sleeping Beauties par Stephen King et Owen King

Couverture du livre

Résumé : Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l’on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses. Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes. À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d’étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement des femmes ?

Sleeping Beauties est un roman fantastique écrit à quatre mains par Stephen King et son fils, Owen King. Il est paru en 2018 aux éditions Albin Michel.

Les avis que vous lirez dans cette chronique sont, je le rappelle, subjectifs et ne constituent en aucun cas la pensée de tout un chacun. Libre à vous de lire le livre et de vous en faire votre propre idée.

L’histoire est prometteuse. Les auteurs, dès le résumé, nous donnent envie de dévorer le livre. La notoriété de Stephen King n’est plus à faire, il a déjà publié quelques pépites littéraires et ses livres sont toujours intéressants. Alors, je me suis lancée à fond dans la lecture, et j’en ai attendu trop. Je me suis perdue, dans la masse de personnages imposante de l’histoire (pour dire, ils sont résumés uns à uns à la fin du livre, ainsi que leurs métiers), je me suis perdue dans l’immensité des passages descriptifs, allant du passé d’un personnage à une scène « d’action » bien trop minutieuse, lui faisant perdre tout son charme. Le pavé, de 823 pages, nécessiterait la perte bénéfique d’une ou deux centaines de pages de description, qui rendent lourd le style de l’écriture à 4 mains.

Pourtant, le topic est intéressant : l’épidémie Aurora faisant sombrer les femmes dans le sommeil, la mystérieuse Evie (on sourira devant l’analogie avec Eve du Jardin, dont on parle d’ailleurs dans ce roman) et un tout autre monde découvert, où la vie semblerait meilleure. On ne peut certainement pas enlever à ces deux écrivains l’imagination débordante dont ils font preuve, car pour inventer les choses qu’ils ont écrites, il faut un cerveau créatif. Mais encore une fois, ce n’est pas l’histoire en elle-même qui n’est pas intéressante, seulement l’exploitation des données. Si l’effort des descriptions des scènes avait été transformé en explication du phénomène Aurora, le bouquin aurait pu prendre une toute autre forme et être, à mon sens, bien meilleur.

Le rythme de l’écriture est lent, malgré quelques tentatives de sursaut lors du réveil de certaines femmes. Le contexte de l’histoire se met en place avec un tel atermoiement que je ne trouvais pas, encore, aux environs de la page 350, l’intérêt de l’histoire. Les scènes d’action sont courtes et pauvres, à part peut être celle de l’attaque de la prison des femmes, lors des dernières pages, qui a (enfin) éveillé mon intérêt.

Finalement, l’aboutissement du bouquin est moyen. Il n’est pas mauvais, et a le mérite d’exister, mais un bon nombre de choses présentes dans le livre n’ont pas été expliquées ce qui rend l’expérience assez désappointante. Je parle de notamment des animaux qui parlent, de l’Arbre, axes qui n’ont pas été abordés de manière développée (au contraire de beaucoup d’autres choses qui auraient pu être elles, encore une fois, allégées).

Malgré tout, j’ai réussi à trouver des points positifs dans le message que veut faire passer ce livre. C’est une histoire engagée, féministe, qui dénote les violences faites aux femmes en toute impunité, les conditions de vie de ces dernières, encore considérées comme le sexe faible (ce qui est le cas dans notre société actuelle). L’œuvre dénonce aussi l’autorité patriarcale, notamment dans la société carcérale avec des abus d’autorité sur les femmes condamnées (notamment avec Don Peters le gardien de prison, je ne vous spoile pas mais ce mec est à vomir). Ainsi, je suis très surprise mais également heureuse de voir ces termes abordés non pas par un mais deux hommes, qui ont donc engagé un processus de réflexion sur le sujet et ont pris une position féministe (puisque tout le bouquin est basé sur un monde meilleur sans les hommes – ou plutôt pire sans les femmes).

À lire ou pas ? Je ne vous conseille pas ce livre si vous êtes un.e habitué.e des oeuvres de Stephen King, je vous le dit franchement, vous allez être déçu. Libre à vous de le lire quand même bien sur, vous êtes encore (et heureusement) maîtres de vos choix.

2/5, pour le message qu’essaie de faire passer le livre.

Je suis consciente que derrière ce livre se cachent deux personnes qui ont énormément travaillé, je ne suis pas là pour les enfoncer mais surtout pour donner mon avis donc vraiment, je rappelle que tout ce que je dis plus haut est SUBJECTIF, cela n’engage que moi et moi seule.

Et vous, avez-vous déjà lu Sleeping Beauties ? N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires.

3 commentaires sur “Chronique 4 TRS : Sleeping Beauties par Stephen King et Owen King

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