Chroniques·Polar

Chronique 28 TRS : S.A.R.R.A Partie 2 – Une Conscience Artificielle par David Gruson

Couverture du livre

Résumé : Mars 2026 : La fin d’un Monde ? L’épidémie d’Ebola s’étend. Après Paris, la Belgique et l’Allemagne sont lourdement touchées. L’accueil des millions de réfugiés européens est devenu un enjeu majeur de l’élection présidentielle française. Dans ce contexte d’agitation médiatique et de pressions politiques, Mélusine, traquée par les services de renseignement, noue d’étranges lien avec le Mouvement de Résistance contre les Robots (M2R). S.A.R.R.A, quant à elle, mobilise tous les moyens à sa disposition pour répondre à cette pandémie émergente. Une quête qui l’amènera à s’interroger sur le principe même de notre survie et sur notre Humanité face à la technologie. Entre le Virus et l’intelligence artificielle, notre Temps est compté.

S.A.R.R.A Partie 2 – Une Conscience Artificielle est le deuxième tome d’une duologie écrite par David Gruson et publiée en mars 2020 par les éditions BetaPublisher. Je remercie d’ailleurs ces éditions de m’avoir permis de lire ce livre, car le tome 1 étant un coup de cœur (vous pouvez d’ailleurs en retrouver la chronique ici), j’avais vraiment hâte de lire la suite (merci <3). Il s’agit d’un polar d’anticipation (et peut être que cette fois, l’auteur a beaucoup trop anticipé).

Disclaimer : je ne sais pas pourquoi je me sens obligée de vous dire ça à chaque fois, mais cet avis est mon avis (ah bon), il est donc potentiellement subjectif et ne fait pas office de dogme ! Pour vous faire le votre, n’hésitez pas à vous procurer le livre que vous pouvez trouver ici en e-book, sachant que la moitié du prix du livre en e-book est reversé à Médecin Sans Frontières, donc on dit merci BetaPublisher !

C’est avec appréhension que je retrouve S.A.R.R.A dans ce deuxième tome. Je me souviens à la fermeture du tome 1 avoir été tout simplement hébétée. Hébétée par les coïncidences que l’on retrouve dans cette première partie et la situation actuelle : PanGoLink et le pangolin, la situation de confinement… Mais j’étais beaucoup trop curieuse de savoir comment cette entité allait gérer la situation et je me suis lancée avec plaisir dans ma lecture, même si je dois l’avouer, j’étais un peu effrayée (Je pense que David Gruson était médium dans une vie antérieure et qu’il a des réminiscences. C’est une théorie à développer).

Une petite mise à jour ?

Ce qu’il s’est passé depuis la dernière fois qu’on s’est vue, S.A.R.R.A, ou bien plutôt quand penchée par dessus mon épaule, tu me regardais lire, c’est que ce satané virus n’a pas été éradiqué, comme il devait l’être. Il a décidé de se propager à une vitesse stupéfiante, paralyse maintenant les pays limitrophes de la France et tend à s’étendre encore plus loin (est-ce que quelqu’un sait quel est son R0 ? Parce que je serai vraiment curieuse de le connaître). Et pendant ce temps, en France, on essaie de gérer la situation en même temps que les élections présidentielles de 2026, ce qui vous n’en doutez pas, constitue un sujet à débat passionnant (inquiétant ?). Derrière, comme dans le tome précédent, s’enclenche toute une mécanique de l’ombre : santé, armement… et on retrouve avec plaisir les personnages que l’on a suivi auparavant. Autant vous dire qu’ils ne sont pas dans le meilleur des états.

Je n’ai jamais perdu de vue le véritable but de cette intelligence artificielle : faire revenir ma petite fille.

Mélusine

S.A.R.R.A c’est ma nouvelle copine (et du coup elle en profite pour codifier mon cerveau. Sympa.)

L’auteur est fidèle à son format de rapport (ou est-ce vraiment un rapport ? 🙃), ponctué des interventions de S.A.R.RA, qui, je trouve, sont beaucoup plus présentes que dans le tome précédent. Ce n’est pas pour me déplaire : cette dernière se présente en narrateur omniscient (puisqu’on l’a découvert la dernière fois, c’est bien S.A.R.R.A qui transmet ce rapport) et s’adresse directement à nous. Je me suis sentie beaucoup plus proche d’elle en comparaison du premier tome, et je pense que c’est un effet voulu de l’auteur qui la rend de plus en plus « humaine » (mais elle ne le devient pour autant pas) au fur et à mesure qu’elle étudie la complexité de nos cerveaux et le fonctionnement des Hommes. Elle prend d’ailleurs la forme d’un être de chair pour s’adresser aux autres protagonistes, ce qui renforce encore cette prégnance de l’analyse qu’elle fait de notre psychologie et de notre fonctionnement pendant qu’elle code cet organe pour mieux s’y immiscer. Le cerveau humain et ses interactions, sa plasticité neuronale, sa capacité d’adaptation mais aussi ses réactions aléatoires, surprenantes, et ses capacités à peine exploitées, tout ceci constituant notre conscience. La frontière entre la biologie et l’artificiel est de plus en plus poreuse, et « ce qui est vivant est de moins en moins exclusivement biologique » (oui, c’est assez effrayant je vous l’accorde).

Vos consciences ont chacune une couleur…

Vous noterez que, dans les trois pages précédentes, la taille de la police des caractères et le point d’exclamation font beaucoup pour vous aider à votre bonne perception des choses. C’est tout à fait normal : vous avez de belles facultés de compréhension mais vous ne les utilisez pas suffisamment.

S.A.R.R.A

À ce moment de la chronique, je suis en train de me demander comment je peux continuer à vous donner mon avis sans trop vous spoiler. Parce qu’il se passe des trucs de dingue ! Mais vous n’imaginez même pas le truc, c’est ouf. Bref, continuons.

La politique et ses méandres, Allégorie

Comme je vous le disais plus haut, on est en pleines élections présidentielles en France, et c’est loin d’être de tout repos. L’auteur retranscrit les difficultés de la coopération internationale, les nombreux complots qui se joue dans l’ombre de la scène ; la gestion de crise qui fait dangereusement écho à celle que nous vivons : la pandémie, la question des réfugiés… D’ailleurs, l’auteur fait beaucoup de clin d’œil à notre actualité : vous découvrirez dans ce livre le Thunberg Act (on le savait que cette jeune fille allait faire de grande chose), le fameux jeu Slither.io (mais à sa version 8, vous savez le petit serpent qui mange des billes) mais également PanGoDelivery, la version drone de la livraison de repas à domicile , ce qui rend l’atmosphère du livre encore plus réaliste (et ça fait vraiment froid dans le dos).

Il nous décrit aussi des détracteurs, et on nous introduit le M2R (ou Mouvement de Résistance contre les Robots), créé parce que les robots ont pris le job des humains donc ces derniers sont moyennement contents. En gros (bon encore une fois il s’agirait pour vous de lire le livre, parce que je me refuse à vous spoiler). J’ai beaucoup aimé cet ajout par rapport au premier tome, c’est quelque chose qui parait tout à fait logique (dans mon petit cerveau d’être humain tout du moins) et qu’on aurait pu tout à fait créer (et puis ils sont quand même dans une grosse partie du bouquin, big up le M2R). C’est donc très cohérent dans une fiction d’anticipation !

J’ai constaté que vous avez une capacité éprouvée à prendre des décisions fermes mais dont l’irrévocabilité est en quelque sort annihilée par le différé de leur application dans le temps.

S.A.R.R.A

Suspens + bonne narration = kaboum

L’intrigue du livre est tout bonnement incroyable. Je n’ai pas d’autres mots pour la décrire, parce que la fin m’a laissé bouche bée. Des humains mutants (vilain virus, vilain), une sensation de fin du monde, tout y est pour que mon intérêt soit piqué au vif. À cela s’ajoute des touches de science fiction avec le fameux accélérateur de particules. Alors que je perdais un peu le fil au début de ma lecture, l’auteur m’a vigoureusement réveillé en me rappelant que je n’étais pas à l’abri que quelque chose de similaire nous arrive, et j’ai alors été happée par les écrits presque prophétiques (peut être que j’abuse un chouia mais vraiment c’est la sensation que j’en ai). Armé d’une plume acérée et technique, l’auteur arrive à nous faire monter en pression, si bien que j’ai dévoré les dernières pages, qui prennent des allures d’aventure. Ma partie préférée est la jonglerie habile entre le débat politique et les explications de S.A.R.R.A (tututut je vous vois venir, non vous n’en saurez pas plus) qui était parfaitement bien menée. Haletant, comme dirait l’autre. J’ai également beaucoup aimé le titre des parties qui tranchent avec le sérieux du livre, ça colle bien avec le « caractère » de plus en plus cynique de l’Intelligence Artificielle (ou maintenant, de la Conscience Artificielle).

Il s’agit d’un réflexe chez vous : vous préférez, en général, que ce soient des femmes qui vous annoncent de terribles nouvelles.

S.A.R.R.A

Maintenant que tu as pris tes aises

Au final, S.A.R.R.A nous rappelle qu’elle fonctionne comme une machine, et que malgré les artifices dont elle a usé pour qu’on la considère comme un proche, elle a été programmée pour deux missions. Et elle continuera de les accomplir, coute que coute, même si au final, cela doit lui couter son éveil (parce que comme c’est une machine, on la met en veille, donc elle n’est plus en éveil 🙂 jouer avec les mots c’est fun). Elle s’immiscera dans tous les pans de la vie humaine, intégrant les cerveaux de nos proches, contrôlant et espionnant nos panoptiques ; et elle prendra les décisions qui sont statistiquement les plus sécuritaires pour sa mission. Même si annihiler une espèce en fait partie. Dans les grandes lignes.

À lire ou pas ? Vous avez vraiment besoin que je détaille ça ? C’était pas clair dans la chronique qu’il faut absolument lire cette duologie ? Si ce n’est pas le cas, je vous le mets en gras : il faut lire cette duologie.

5/5 parce que je ne peux pas mettre moins. Non mais vraiment.

Un dernier mot pour la fin ?

Fuyez. Tant que vous en avez encore le temps.

Bouquinement vôtre, Jade.

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