Chroniques·Roman

Chronique 31 TRS : RéValité – Julia Galindo

Couverture du livre

Résumé : Se réveiller sans aucun souvenir dans une chambre d’hôpital et devoir compter sur un SDF pour apprendre son identité, passe encore. Être le cobaye d’une organisation secrète qui essaye de vous éliminer depuis qu’elle ne peut plus vous contrôler, ça commence à faire. Mais craquer pour un Don Juan qui vous rend nymphomane, nourrir une mégère acariâtre, avoir un aveugle tyrannique sur le dos et devoir empêcher un savant fou de poursuivre ses expériences de manipulation génétique. Là, c’est trop ! Il est temps de passer à l’action et d’arrêter de prendre ses rêves pour la réalité… Été 2018, Gaïa se réveille amnésique mais avec la capacité de ressentir les émotions d’autrui. Au son des cigales, de la campagne orangeoise à la Costa Brava, elle part à la chasse. Ses souvenirs, le consortium transhumaniste qui les lui a volés, un trafiquant sans scrupules aux velléités d’eugénisme, des papillons dans le ventre… Que va-t-elle attraper dans ses filets ?

RéValité est un thriller scientifique écrit par Julia Galindo et publié en auto-édition en octobre 2019. Je remercie l’auteure qui m’a proposé la lecture de son livre et je vous invite à découvrir son site, Le Mas de Gaïa où elle nous explique sa réflexion autour de son oeuvre et de ses personnages (n’hésitez pas, c’était super intéressant de découvrir les origines des personnages après la lecture !).

Disclaimer : cette chronique constitue mon avis subjectif. Si vous désirez vous faire votre propre avis de ce roman, n’hésitez pas pour vous le procurer ici, ou bien encore par là.

L’histoire que nous raconte ce livre est plutôt inédite, pour moi tout du moins. Mais j’ai enfin trouvé une narration avec une héroïne forte, qui n’est cependant pas un robot de glace. Cela me fait extrêmement plaisir, car dans beaucoup de livres d’aventure et d’action, les protagonistes principaux sont des hommes beaux et arrogants, n’arborant qu’un seul talon d’Achille cliché : leur compagne. Ici, l’auteure s’éloigne donc de ces clichés en nous dressant le portrait de Gaïa, une jeune femme amnésique qui est l’instrument d’un organisme pour le moins scrupuleux ayant pratiqué sur elle d’étranges expériences, la façonnant en une entité tueuse qui développe de façon assez dingue un « don » d’empathie, au fur et à mesure de ses « reboots ». Car notre jeune personnage est empathe, c’est à dire qu’elle a la capacité de ressentir les émotions des personnes autour d’elles. C’est tout de même assez pratique, car tandis qu’elle essaie de retrouver ses souvenirs, elle doit déjouer les plans maléfiques d’un certain Nickolaus et du « docteur Frankenstein », dont les portraits terrifiants m’ont donné envie de dégobiller tellement j’ai un doute sur le fait de la présence d’une humanité quelconque dans ces deux personnages.

Nous apprenons au fur et à mesure les raisons pour lesquelles Gaïa est amnésique, alors qu’elle s’occupe du Mas de Gaïa, accueillant des chambres d’hôtes, sa dernière couverture avant l’oubli. L’auteure utilise ici (tututut, alerte interprétation) une métaphore assez jolie en comparant la reconstruction du Mas à l’évolution de Gaïa en tant qu’entité propre avec des sentiments. En effet, cette rénovation nous accompagne tout le long du livre, avec parfois des descriptions peut être un peu trop détaillée notamment au début (mais c’est bien évidemment mon avis personnel), qui s’entremêlent avec l’histoire de cette jeune femme tentant de se reconstruire après les découvertes sur ses pertes de mémoire. Elle s’entoure d’ailleurs au fur et à mesure d’une multitude de personnages aux horizons divers, ajoutant alors à cette œuvre une caractéristique intéressante et rassurante d’inclusivité et décrivant une belle relation (mais parfois ardue) entre ses protagonistes.

J’ai beau savoir que c’est le premier stade du syndrome général d’adaptation, je pensais que l’être humain pouvait sortir de ce comportement binaire en choisissant une troisème option : la sociabilité.

Gaïa

Pour revenir sur cette notion d’inclusivité, l’auteure aborde de nombreux sujets comme la PMA (procréation médicalement assistée) et son ouverture aux couples de femmes homosexuelles, les mères porteuses, le polyamour, le handicap et bien plus encore, tout ceci en évitant la caricature et le cliché inhérent qu’habitent souvent les livres qui tentent d’apporter de la diversité. Outre ces sujets réellement importants, elle nous fait également une critique pure et dure de l’eugénisme, en nous enjoignant à réfléchir sur le côté éthique de ces expériences. Elle évoque également des sujets sombres tels que le trafic d’êtres humains, le tout saupoudré de neurosciences, de médecine et de toutes les dérives qui peuvent en découler dans les mains d’esprits maléfiques.

Ce que je veux dire, c’est que chaque amour est unique, mais que rien n’empêche deux amours uniques de coexister.

Gaïa

L’auteure maîtrise parfaitement bien son intrigue et les scènes d’action, haletantes, détonnent avec la douceur des passages aux Mas de Gaïa, titillant la curiosité du lecteur par petites piques bien dosées, montrant une réelle réflexion sur son scénario. La scène de fin était particulièrement bien réussie et m’a tenu en haleine jusqu’au dernier mot. De plus, de nombreuses recherches semblent avoir été fournies dans une multitude de domaines (mécanique, espionnage, médecine, armement…), rendant encore plus vraisemblable et cohérente son histoire.

En terme d’écriture, l’auteure possède une diction maîtrisée qui allie un langage pouvant parfois paraître plutôt cru à un lyrisme soutenu, rendant le mélange assez étonnant mais bien réussi. Elle dépeint aussi très bien le don de Gaïa en insérant les sentiments qu’elle peut sonder entre les paragraphes, rendant dynamique et original son récit sans pour autant l’alourdir. Elle n’hésite pas à utiliser également de l’humour dans son récit, touche très agréable qui contraste avec la gravité de la situation. J’ai par ailleurs beaucoup aimé le nom des chapitres que j’ai trouvé très drôles.

Du fond du bassin, je regarde les flammes se retirer et les débris couler autour de nous. Il s’en est fallu de peu pour que nous soyons victimes du tabagisme passif.

Gaïa

Julia Galindo nous offre une fin qui a l’effet d’une bombe : elle a savamment distillé les détails qui auraient pu nous mettre la puce à l’oreille, et pourtant j’ai compris ses intentions en lisant la dernière phrase. Ainsi, j’espère qu’elle ne nous laissera pas seuls dans nos esprits à nous inventer la suite de son histoire, et qu’elle nous proposera une suite qui saura satisfaire notre appétante curiosité.

À lire ou pas ? Ce livre inclusif vous offre une belle escapade au Mas de Gaïa, le tout agrémenté d’aventure, de romance et de science, en parfait mélange de genre.

4,5/5 pour cette jolie découverte.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée ! J’espère qu’elle vous aura plu ! Connaissiez-vous ce livre ? Si non, avez-vous maintenant envie de le lire ? N’hésitez pas à me donner vos avis en commentaire, je serai ravie de discuter avec vous 🙂

Bouquinement vôtre, Jade

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