Roman

Chronique 38 TRS : My Way par Sanji Divas

Couverture du livre

Résumé : « Je m’appelle Lucie, j’ai 40 ans, je suis française, célibataire et sans emploi. En résumé, rien ne va dans ma vie. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’en finir. Mais avant de mettre un point final à cette histoire, je veux d’abord vivre intensément. Je vais faire un tour du monde qui me mènera à ma destination finale, le lieu le plus au su de la planète, la Patagonie. Et là, je serai prête à partir. Mais au fil des mois et des pays, plus qu’un simple tour du monde, je vais apprendre à aimer à nouveau ce monde, à me réconcilier avec mon pays et à m’accepter enfin. Un condensé de vie où je vais croiser la violence, la mort, la bonté et l’amour. Une aventure où je vais apprendre à connaître et à accepter mes imperfections. Des événements et surtout des rencontres qui vont changer ma vie à jamais ». Chacun de vous peut se retrouver dans le personnage de Lucie, avec ses doutes, ses rêves, ses déceptions, ses regrets et ses choix. Un roman d’aventure et de voyages, une analyse psychologique de la société et un roman d’amour, ce livre est tout à la fois, aussi complexe que l’être humain.

My Way est un roman de littérature contemporaine écrit par Sanji Divas et publié en janvier 2020. Je remercie vivement l’auteure qui m’a proposé la lecture de son livre.

Disclaimer : je livre dans cette chronique un avis personnel qui ne fait pas dogme. Ainsi, vous êtes libres de vous procurer ce livre pour vous en faire votre propre avis, notamment par ici ou bien par là.

TW => sont abordés dans cette chronique et/ou dans le livre : viol – violences conjugales – violences de manière générale – homophobie – transphobie – suicide.

Comme elle le dit elle-même, l’auteure a pris l’écriture de ce livre comme une thérapie, à l’aube de la quarantaine, sorte d’introspection sur ses expériences, un bilan de mi-vie comme on pourrait l’appeler vulgairement. Elle nous emmène alors à la rencontre de Lucie, une femme du même âge, qui entame un tour du monde ayant pour finalité sa disparition. Lucie est abimée par un traumatisme d’enfance, qui lui revient par à-coups : en effet, elle a été violée plus jeune. Elle porte ce lourd fardeau avec elle, et, accumulant le ras-le-bol de la vie en communauté, elle entreprend ce voyage, sorte de rite initiatique où elle redécouvre les joies du vivant, mais aussi l’ambivalence de l’être humain, qui peut être si bienveillant et malveillant à la fois.

Le personnage de Lucie est facile à cerner : elle dégage un manque de confiance en soi tel qui peut être parfois un peu agaçant, mais on s’attache assez vite à cette femme, et on espère du fond du cœur qu’elle n’arrivera pas à la fin de sa quête. Mais si ce n’est son caractère bien trempé et son orientation sexuelle, on ne connaît pas finalement grand chose d’elle, ni de sa famille. Seulement, c’est peut être une volonté de l’auteure de ne pas nous en dire plus. En effet, sa protagoniste veut quitter la train de vie monotone de Paris et faire son voyage seule (elle ne sera pas si seule que cela finalement) en oubliant ses tracas et sa vie qu’elle juge sans sens.

Comme je le disais plus haut, notre Lucie se retrouve finalement à rencontrer une multitude de personnages. Chaque chapitre nous présente une personnalité, qui partage presque tout le temps l’avis de notre protagoniste sur les vices de la société et du capitalisme. Ce livre est en effet une œuvre très engagée qui couvre bon nombre de sujets d’actualité, divisant les foules (alors que pour certains, ils devraient être unanimes) : féminisme, environnement, violences conjugales, communauté LGBTQIA+, esclavagisme, colonisation… L’auteure se sert de ses personnages pour faire passer bon nombre de messages qui restent ancrés dans notre mémoire à la fin de notre lecture : comment l’homme exploite la nature, mais que souvent (voir tout le temps) le comportement de l’homme est façonné par la société, pantin insensible du pouvoir et individualiste.

La société, le marketing, la publicité, les réseaux sociaux créent des désirs nouveaux sous le couvert de besoins de 1ère nécessité. Et nous nous laissons prendre au piège, aveuglés par la lumière du narcissisme, tel un phare dans la nuit de l’anonymat.

Lucie

Lucie a eu donc son lot de rencontres et d’expériences, qui parfois s’avèrent être amoureuses. Car l’auteure n’oublie pas de nous offrir de la romance, qui se veut inclusive : la protagoniste semble ne pas avoir de préférences de genre, peut être même est-elle pansexuelle (mais je ne connais pas assez cette dernière pour pouvoir vous l’affirmer), ce qui permet à l’auteure de rajouter au lecteur encore plus de réflexions sur le monde dans lequel il vit. En effet, elle aborde dans son livre une sexualité mondiale, et comment dans chaque pays elle est jugée si elle dévie trop de l’hétérosexualité. Un beau message de tolérance qui est saupoudré en continuité durant la lecture de ce livre.

Il y a évidemment, le contexte d’aventure. Quelques actions disposées avec parcimonie dans des recoins de l’œuvre, mais écrasées par la masse de descriptions qui labourent l’esprit du lecteur. Cela montre un énorme travail de recherche de la part de l’auteure, qui nous décrit pays, musées et bâtiments étrangers, essentiels quand on voyage ; mais cela constitue un de mes points négatifs car il y en a trop, et cela ralentit énormément la lecture. De plus, on retrouve là une Lucie formelle qui semble réciter telle une guide touristique, alors qu’elle est en proie à des émotions contradictoires au fur et à mesure des rencontres qu’elle fait : vivre, ou mourir ? L’équilibre est dur à trouver je le conçois, mais je pense que raboter quelques descriptions ne ferait pas de mal à cette œuvre.

Ce n’est pas grave, la planète s’en remettra, elle nous survivra comme d’habitude.

Lucie

En revanche, je n’enlève pas à l’auteure la qualité de son écriture, très agréable à lire. Elle arrive à rajouter quelques touches d’humours qui rehaussent le ton un peu redondant de l’histoire, tandis qu’elle est parfois un peu trop moralisatrice. Encore une fois, il est question d’équilibre.

À lire ou pas ? Malgré ce problème de descriptions un peu trop présentes à mon goût, j’ai passé un bon moment de lecture, et j’ai été ravie de voir Lucie évoluer et essayer de laisser ses démons de côté, pour enfin vivre.

3,5/5 est ma note pour ce roman.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée. Connaissiez-vous ce livre ? L’avez-vous déjà lu ? N’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires.

Bouquinement vôtre, Jade

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