Chroniques·Polar·Science Fiction

Chronique 48 TRS – Backup par Guy-Roger Duvert

Couverture du livre

Résumé : Dans un futur plus ou moins proche, l’immortalité est devenue un service, un monopole détenu par la multinationale Backup. Les clients procèdent à régulièrement à des sauvegardes de leur psyché – souvenirs, personnalité, tout ce qui nous définit en tant qu’individu. Le jour où ils meurent, il suffit de télécharger leur sauvegarde la plus récente dans l’un de leurs clones, prêt à être activé. L’immortalité à la portée de tous. Du moins des plus nantis.
Aiden Romes est un flic. Honnête, droit dans ses bottes, psychorigide, même, diraient certains de ses collègues moins regardants avec la loi. Il est bon dans ce qu’il fait mais un tel métier effraie de plus en plus sa compagne, enceinte de plusieurs mois et terrifiée à l’idée de perdre son époux lors de ses fonctions. La situation change cependant le jour où il contribue à sauver la fille du dirigeant de la firme Backup, qui le remercie en lui offrant un abonnement gratuit aux services de la compagnie. Il va rejoindre la caste fermée des immortels et pourra enfin continuer le job qu’il aime sans que sa compagne n’ait plus à en souffrir. Il s’installe dans le siège de connexion, ferme les yeux…
… et les rouvre quelques secondes après, dans un lieu qu’il ne connaît pas, mais surtout dans un corps qui n’est pas le sien ! C’est pour lui le début d’une descente aux enfers, où il devra voir jusqu’où il est prêt à violer ses propres principes et ainsi se salir les mains afin de protéger les siens et déjouer un complot de portée mondiale. La technologie Backup constitue-t-elle l’accès à l’immortalité pour l’être humain, ou bien la perte de son identité ?

Backup est un polar cyberpunk écrit par Guy-Roger Duvert et publié en auto-édition en mai 2020. Un grand merci à l’auteur qui m’a permis de découvrir son livre.

Disclaimer : vous connaissez le refrain, chers lecteurs. Cette chronique constitue un avis qui m’est personnel et que je n’imposerai pas comme dogme. Il s’agirait donc de vous procurer ce livre afin de vous en faire votre propre opinion. Vous pouvez donc le retrouver en cliquant ici !

Grande adepte des dystopies, mais aussi et surtout des polars, mon œil de lectrice est tombée sous le charme de ce résumé complet, relatant l’histoire d’Aiden Romes, ce policier vivant dans un monde futuriste où l’humanité (ou du moins Backup) a réussi à maîtriser ce que les physiciens/médecins/scientifiques cherchent depuis des années : l’immortalité. Quelle belle promesse que la vie éternelle ! Mais les Hommes tels que nous les connaissons ne sont malheureusement pas prêts pour une telle innovation, et la technologie est vite détournée à des fins plus égoïstes. C’est dans ce contexte que nous suivrons donc notre personnage principal, contexte que je trouve assez ressemblant avec des livres que j’ai pu lire aux cours de ces derniers mois, mais qui n’entache en rien la lecture puisqu’il est assez compliqué d’écrire une dystopie unique et inédite. Et comme l’abord de l’immortalité n’est pas fréquente (ou du moins, je n’en avais pas encore lu), je me suis laissée happée par l’histoire de Guy-Roger Duvert.

L’auteur pose d’abord un décor inégalitaire, où les scissions sociales semblent de plus en plus prégnantes, autant dans la forme que dans le fond : les plus pauvres se retrouvent relégués sur terre, dans une atmosphère polluée, lorsque les plus aisés se permettent les hauteurs, dans des habitations hautes en couleur et toutes différentes, affichant les modalités derniers cris en terme de sécurité, d’armement et tout un tas d’autres équipements. Ces plus aisés sont donc ceux plus à même d’accéder à la technologie Backup, qui permettrait l’immortalité de la psyché alors que le corps, mortel car fait de chair et de cellules, serait remplacé par des clones au fur et à mesure de ce que j’aime à appeler des reboots. Alors tels des documents importants, ils se sauvegardent sur leurs fauteuils, tentant de vaincre la nature et la mort. Et ce sont, bien évidemment, toujours les mêmes qui peuvent en bénéficier, chose que nous rappelle sans cesse l’auteur, critique vivace des différences de classe et de l’injustice que subissent les personnes précaires (comme dans notre société actuelle).

Ce livre, c’est aussi une réflexion sur la place de l’âme dans le corps, sur ce qu’elle représente, sur l’individualité d’une personne. Car il est vrai que si on nous enlève notre âme, nous ne serions plus qu’une enveloppe charnelle plate et sans intérêt ; alors que l’inverse, une âme sans corps que l’on pourrait réinjecter à volonté, ne serait-ce pas là la clé de la perpétuation de l’existence ? Mais autant qu’elle pose un certain nombre de problèmes éthiques, cette solution se fait réapproprier par des cerveaux malfaisants, et l’âme se retrouve scindée en deux pour exister dans deux corps différents, tels des alter ego ne sachant pas qui est l’originel. L’abord de ce sujet est fait de manière très originale et intéressante, enjoignant le lecteur à établir une réflexion supplémentaire sur cette thématique qui devrait, avec l’avènement de technologies nouvelles, trouver un sens dans une société du futur.

Concernant le récit, outre les messages qu’il apporte, j’ai beaucoup aimé le dynamisme du roman. L’action se succède à une vitesse folle mais introduit quelques interludes explicatives avec l’introduction d’Emera, l’IA de la multinationale Backup. On aborde ici une nouvelle notion étant la place de l’Intelligence Artificielle dans notre société, et que se passerait-il si elle arrivait à supplanter tout contrôle et à devenir autonome (sujet abordé dans mes chroniques sur S.A.R.R.A que vous pouvez retrouver ici et ici). De plus, les personnages sont très bien élaborés et ont chacun une place prépondérante et logique dans l’histoire, même s’il est vrai que j’ai trouvé dommage que Natsuko, la collègue flic d’Aiden ne soit pas plus développée.

L’écriture est jolie sans trop s’embarrasser de fioritures, permettant une lecture agréable et fluide et n’ayant rien à envier à d’autres polars publiés en maison d’édition. L’univers SF est aussi très bien maîtrisé, avec un travail de recherche et de réflexion sur les technologies correct, permettant au lecteur de visualiser avec aise l’univers imaginé par l’auteur.

À lire ou pas ? Une jolie réussite que ce polar SF, je le recommande sans hésiter pour les fans du genre, mais également pour les néophytes qui voudraient mettre un pied dedans.

4,5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée ! J’espère qu’elle vous aura plu ! Connaissez-vous ce livre et son auteur ? Qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à commenter que nous puissions en discuter 🙂

Bouquinement vôtre, Jade

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