Chroniques·Science Fiction

Chronique 54 TRS – Outsphere T.1 par Guy-Roger Duvert

Couverture du livre

Résumé : Après avoir quitté une Terre mourante du fait des erreurs de nos sociétés, l’Arche, premier vaisseau à coloniser une exoplanète, arrive au bout d’un long voyage de 80 ans. Les colons sortent de leurs caissons cryogéniques et découvrent ce qui doit devenir un nouveau commencement pour l’humanité. Une nouvelle planète, un monde principalement végétal baptisé Eden. Les surprises se cumulent vite : la surface abrite une espèce primitive mais intelligente, des ruines prouvent l’existence de civilisations passées avancées, le système climatique obéit à des règles très particulières. Mais malgré tout cela, la colonisation commence de manière somme toute très classique, avec les traditionnelles oppositions entre militaires, scientifiques, civils. Mais tout change avec l’arrivée d’un nouveau joueur : un second vaisseau spatial arrive, quelques mois seulement après l’Arche. A son bord, des Terriens partis 60 ans plus tard, bénéficiant d’une technologie plus avancée, et eux même fortement modifiés génétiquement. Capables de se synchroniser et de communiquer télépathiquement entre eux, ils sont devenus une espèce fondamentalement collectiviste, que tout oppose aux traditionnels Terriens individualistes de l’Arche. Les deux peuples essaient dans un premier temps de cohabiter et d’apprendre les uns des autres, mais les obstacles rencontrés, le passé de la planète qui s’avère beaucoup plus riche et mystérieux que prévu, vont rapidement augmenter les tensions. Eden représente-t-il un nouvel espoir, ou au contraire la fin d’une civilisation ?

Outsphere est le premier tome d’une saga de science fiction écrite par Guy-Roger Duvert et publié en février 2019. Je tiens à remercier vivement l’auteur qui m’a permis de découvrir ce livre, comme j’avais beaucoup aimé Backup.

Disclaimer : se référer aux chroniques 1 à 53 (c’est à dire faites vous votre propre avis en vous procurant l’œuvre ici (mobi – broché).

La science fiction. J’en lis depuis très longtemps, mais là est le fait que je n’arrive pas à m’en lasser. Les nouvelles planètes, les vaisseaux spatiaux, les avancées futuristes, tout cela me fait rêver comme une enfant. Enfin sauf quand, le cas échéant, tout devient rapidement un énorme bourbier. Pour les personnages j’entends. Et c’est donc dans cet univers moderniste que nous emmène Guy-Roger Duvert, avec un roman aux allures de série télé (un peu à la sauce The 100 ou Terranova). La colonisation d’une nouvelle Terre par des colons, la découverte d’une nouvelle faune et flore, l’arrivée de descendants modifiés génétiquement et qui semblent ne vouloir aucun mal aux Anciens… Toute une pléthore de personnages et d’idées qui font de ce premier tome une belle promesse dans ce genre littéraire.

Tout le monde n’a pas le droit comme nous à une seconde chance. Faisons-en quelque chose de beau.

Vincent, côlon de l’Arche – civil

Que se passe-t-il donc dans cette histoire ? Je ne veux pas risquer de vous spoiler, mais dans les grandes lignes, la Terre au bord de l’implosion force ses habitants à fuir vers une autre planète pour pouvoir y habiter. Petit souci, elle est un peu loin (les années lumière, toussa toussa), mais on est dans un livre de science fiction : la cryogénisation est au point maintenant. Et alors que ces colons s’élancent à leur réveil dans la conquête de leur nouveau territoire (enfin de manière timide au tout début), ils découvrent qu’ils ne sont en fait pas seuls (ouille). Donc le terme colon est tout de même bien trouvé et se rapporte de manière logique à la situation. S’en vient alors les désaccords classiques entre militaires et scientifiques/civils, dont la ligne de conduite n’est sensiblement pas la même. Ordre et paix s’opposent farouchement à la curiosité et l’envie de savoir, et on regarde avec intérêt l’évolution des personnages qui s’antagonisent tout le long du récit.

J’ai vu tellement de saloperies, et ai perdu tellement de proches, que pour être franc, la seule chose qui me restait là-bas c’était l’espoir.

Bowman, côlon de l’Arche – soldat

L’auteur dresse ici un univers recherché, fort en détail mais qui peut dévoiler encore bien des surprises, laissant alors place à l’imagination du lecteur. Où va-t-il nous mener par la suite ? En tous les cas, la plume est maîtrisée et cela se ressent dans la lecture : Outsphere est un de ces fameux « page-turner » dont on se resservirait plusieurs fois, l’envie de connaître la suite étant forte. Cela montre le réel sens de spectacle de l’auteur qui nous abonde de scènes d’action impressionnantes, encrant le lecteur dans ce contexte particulier (quoiqu’un peu redondant dans les livres de science fiction mais quand on aime on ne compte pas). Et bien que la science fiction ne soit pas un genre aussi « imaginaire » que le merveilleux, Guy-Roger Duvert apporte des touches originales et sort des sentiers battus, comme lorsqu’il nous invite à regarder les « synchronisations » entre Atlantes (alors si vous avez suivi, c’est des autres terriens mais améliorés qui arrivent sur Eden, la nouvelle Terre après les colons – je suis assez mauvaise pour faire des résumés, vous l’avez remarqué). Ces Atlantes sont par ailleurs bien détaillés, ainsi que leur mode de fonctionnement, nous rendant curieux d’en savoir plus sur leur « création ».

Écoutez, l’idée est de ne pas refaire ici les mêmes erreurs faites sur Terre, non ? Vous n’avez pas l’impression que l’expérimentation humaine fasse partie des choses dont on aurait pu se passer avant ?

Bowman, côlon de l’Arche – soldat

La fin est quasi apocalyptique et soudaine, coupant court la lecture. Cette fin frustrante n’est en fait qu’un jeu qui coupe le lecteur dans son élan pour l’aguicher à se procurer la suite (encore cette histoire de sens du spectacle), tout en amenant ce dernier à réfléchir sur cette première lecture. Comme le dit l’auteur dans sa présentation, ce livre est donc un livre d’action mais également un livre qui pose des raisonnements et questionnements philosophiques sur l’individualisme et le collectivisme, portant au regard du lecteur les deux visions. Évidemment, le cœur balance souvent pour l’individualisme, le propre, le soi. Le collectivisme c’est beau, mais la touche personnelle que l’on apporte dans une communauté, la part de nous qui fait qu’on est unique, c’est encore plus beau. En revanche, il montre également que malgré la tentative de « renouveau », les erreurs des Hommes se répètent sans relâche (cupidité, complot…), et nous nous questionnons alors sur le devenir de cette communauté. Que va-t-il advenir des colons, et vont-ils surmonter leurs défauts pour pouvoir survivre ? La suite dans le second tome, déjà paru en mars 2020.

À lire ou pas ? Pour tout fan de SF, ce livre fera un charmant échappatoire aux obligations du quotidien. La lecture est rapide et agréable, le style maîtrisé et le sujet intéressant.

4/5 est ma note pour ce livre.

C’est la fin d’une nouvelle chronique ! Le sujet vous a-t-il intéressé ? Connaissiez-vous Guy-Roger Duvert et Outsphere ? N’hésitez pas à laisser un petit commentaire que nous puissions en discuter ensemble.

Bouquinement vôtre, Jade

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