Chroniques·Science Fiction

Chronique 67 TRS – L’Enfant Blanche, Partie 1 D’un Monde à l’Autre par Aurèle Montoyat

Couverture du livre

Résumé : En l’an 530 après la libération des planètes, le Gouvernement Colonial Terrien règne en maître dans l’espace occupé. Adali, une hybride née de l’union interdite d’une extraterrestre et d’un humain, grandit comme esclave des Terriens. Elle voit sa vie bouleversée lorsqu’elle apprend la déportation massive de son peuple. La fuite de son monde natal la lancera sur un chemin semé d’embûches et de rencontres, guidée par un profond désir de vengeance. Yaé, un jeune Humain, s’engage dans l’armée du Gouvernement Colonial Terrien pour fuir la pauvreté. Ennemi par nature des extraterrestres des colonies, il lui faudra choisir entre ses principes et sa raison pour trouver sa voie. Ces deux êtres que tout oppose survivront-ils dans cet univers en proie au conflit et à la trahison ?

L’Enfant Blanche, Partie 1 D’un Monde à l’Autre est un space opera écrit par Aurèle Montoyat et publié le 25 octobre 2020 chez les Éditions Plumes Solidaires. Je tiens à remercier ces dernières qui m’ont permis de découvrir le livre de cet auteur.

Disclaimer : pour vous faire votre propre avis de ce livre après cette chronique, vous pouvez vous le procurer notamment par ici ou encore par là.

La science fiction est pour ainsi dire un genre plutôt dur à écrire. Il complète l’imagination des auteur.e.s avec un travail de recherche énorme sur donc, logiquement, la science, l’espace, les technologies… Ici, l’auteur mise sur un univers qu’il a remanié à sa façon, avec l’introduction d’espèces extraterrestres dans un futur où l’homme reprend ses vices perdus (enfin plutôt cachés) et s’instaure « maitre » de la galaxie si l’on peut dire, avec un nom assez évocateur : Gouvernement Colonial Terrien. Et c’est dans ce contexte géopolitique des plus complexes que nous allons suivre les aventures des terriens Yaé et Ode, engagés dans l’armée pour fuir un passé et un présent sombre ; et Adali, une jeune frizienne hybride.

Ni la tristesse ni les remords n’envahirent Yaé lorsqu’il regarda par le hublot. Plutôt un vide étrange. Il ne regretterait pas le bidonville de son enfance. Ses parents et ses cinq frères ne lui manqueraient pas non plus. Ils lui portaient autant d’amour qu’à une jambe gangrénée.

L’auteur lance une intrigue des plus surprenantes, marquée par la déportation de tout un peuple, rentrant en compte dans le contexte du terrien colonisateur et profondément raciste. C’est à cet instant que nos protagonistes se rencontrent, même s’ils ne le savent pas ; et on assiste en tant que lecteur à leur confrontation étonnante, puisque Adali a quelques secrets en réserve (je n’en dirai pas plus, il vous faudra pour ça lire livre). C’est de là que tout part : un instinct de vengeance, des instincts de survie, des réactions en chaîne qui bousculent le règne humain pour ainsi dire ; et devant nos yeux se déroulent le tapis de l’action que nous introduit l’auteure. Car tout a une importance dans ce que nous conte le narrateur, et on assiste alors à la décantation d’années de méprise, et le murmure d’un soulèvement qui s’immisce dans la pensée des persécutés.

Ce livre ne perd pas son rythme, d’autant plus qu’il alterne entre les points de vue de deux personnages antagonistes. Et je dois vous avouer qu’il a été difficile pour moi de choisir mon camp, car chacun des personnages a des raisons pour lesquelles ils sont attachant. De plus, il faut avouer que l’atmosphère qui plane dans le livre n’est pas à la fête, mais plutôt à la colère, la tristesse et la morosité, peut être au regret aussi… Tout un tas d’élément qui fait qu’il est impossible de détester des personnages, qui de toute façon sont très bien construit.

J’ai beaucoup aimé l’évolution, d’ailleurs, de ces personnages, que l’on apprend à connaître sous des facettes différentes tout au long du livre. Car la vie n’est pas un long fleuve tranquille, et de péripéties en péripéties ils se construisent, grandissent, sont blessés (au sens littéral comme au sens figuré), des sentiments naissent… L’Ombre, que l’on nous introduit vers le milieu du livre est un personnage que j’affectionne beaucoup et sur lequel il plane beaucoup de mystères, et j’ai hâte d’en apprendre plus sur lui dans la seconde partie. Il se sert de lui pour faire passer des messages aux lecteurs, notamment sur l’acceptation des autres et sur la généralisation (voir citation ci-dessous) et j’aime beaucoup sa manière de penser. Tout autour de cela, le développement de l’intrigue est excellent, cohérent, avec un énorme travail derrière sur la construction du contexte qui est plutôt un contexte de guerre, avec tous les tenants et les aboutissants des actions entreprises (en fait, je pourrais totalement développer mais je n’ai pas du tout envie de vous spoiler le livre ahah).

« Oui, beaucoup d’Humains sont mauvais. Pourtant, leur monstruosité n’est pas la cause de leur origine, mais de leur culture et de leur éducation. Si tu grandissais au milieu de parols telles que « les espèces non humaines sont inférieures » ou encore « les Gris ont des pouvoirs maléfiques », tu aurais une autre vision. D’ailleurs, ta haine envers les Humains est aussi stupide que la leur envers toi ».

L’Ombre

De plus, l’auteur a un talent certain en ce qui concerne le fait d’amener des émotions aux lecteurs, rendant la lecture vivante et permettant de s’imprégner encore plus profondément dans cet univers qui peut paraitre complexe devant les enjeux géopolitiques et le nombre de planètes et d’espèces mentionnées ; mais qui étonnement est d’une facilité de lecture assez présente, rendant un livre de ce genre accessible au plus grand nombre. Notons également sa plume, élégante, qui n’a de cesse de nous amener de nouvelles informations et d’amener à la fin de cette première partie, point tournant décisif pour nos personnages… Il sait maîtriser son suspens et nous coupe un peu l’herbe sous le pied avec une fin en queue de poisson, incitant le lecteur à vouloir en connaître d’avantage, et à attendre avec impatience la prochaine partie.

À lire ou pas ? Un sans faute pour cette première partie de space opera, avec une dose de tout ce qu’il faut pour être un succès : clair, bien écrit, intriguant et entrainant.

5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée. J’espère qu’elle vous aura plu ! Avez-vous déjà lu ce livre, ou vous intrigue-t-il ? N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire que nous puissions en discuter ensemble !

Bouquinement vôtre, Jade

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