Chroniques·Thriller

Chronique 70 TRS – Darwin XXI ou la fin du monde par Henri Duboc

Couverture du livre

Résumé : Février 2021. Perdu au milieu des châteaux de la Loire, Guy Lafaye, médecin de garde, doit gérer l’infarctus de sa collègue Margaret : une soignante américaine ayant fui la guerre pour la France. De l’autre côté de l’Atlantique, après l’annulation de la présidentielle américaine, un gouverneur républicain quitte l’État fédéral et précipite les USA dans leur IIème guerre de Sécession. Alors que l’Humanité patauge dans le Covid-21, dans quelles circonstances le destin de ces deux nations va-t-il se croiser ?

Darwin XXI ou la fin du monde est un thriller d’anticipation médical et politique écrit par le docteur Henri Duboc et publié en novembre 2020 par les éditions Beta Publisher. Oui, chers lecteurs, bienvenue dans ce début de mois qui vous l’aurez compris, est axé sur cet auteur (c’est un heureux hasard, et très franchement ça ne me dérange pas quand je lis des livres qualitatifs).

Disclaimer : est-ce que réellement vous lisez encore ce petit truc ? Si oui, écrivez Camacho en commentaire. Voilou. Puis du coup, si vous voulez vous faire votre propre avis de ce livre, n’hésitez pas à vous le procurer par ici.

Je dois vous dire que le résumé de cet œuvre a été très bien pensé. Associer des éléments qui de prim’abord n’ont rien à faire ensemble (ou ne semble avoir aucun lien), de la médecine (ça c’est la déformation professionnelle) et une situation qui n’est pas sans nous rappeler quelque chose ; voici le combo gagnant pour faire de moi une lectrice intriguée et me jeter sur les quelques 400 pages de ce livre. Car oui, un cardiologue qui tente de soigner coute que coute dans un pays fracassé par l’épidémie où le virus du Covid ne s’est pas arrêté à la version 1.0 et a préféré faire des mises à jour ; et de l’autre côté de l’Océan, là où les morts s’enchainent aussi (oui, bizarrement, le virus sait nager, à la différence des nuages radioactifs qui s’arrêtent aux frontières) et où l’élection du nouveau président des États Unis d’Amérique semble compromise ; bah ça me plait. Et, Henri Duboc n’est pas devin, mais s’il devait s’essayer aux arts occultes, nul doute qu’il n’y serait pas mauvais, car en écrivant son roman d’anticipation, la réalité a parfois rattrapé sa fiction.

L’eau à la bouche, je débute ma lecture sans pour autant savoir à quelle sauce je vais être mangée. À l’aide de sa narration piquante et efficace, l’auteur à la plume acérée nous malmène et décortique sans ménager les absurdités politiques, les cirages de pompe en tout genre, se moquant allègrement en passant par des personnages bourrés d’intelligence. De véritables « Mastermind » comme Thomasson, le président des USA intérimaire, à Margaret, cette soignante qui a plus d’un tour dans sa poche, et Urulala, cette femme d’affaire omnisciente, (je m’arrête ici sinon je vous spoile) personnages qui tendent à tout maitriser et tout contrôler… Mais Henri Duboc nous rappelle que très justement, même si l’on semble tout avoir sous contrôle, des petites variables peuvent tout faire changer, même le plan le mieux construit du monde. Et une de ces variables s’appelle le hasard, qui a tendance à beaucoup pointer le bout de son nez pour prendre de cours ceux que j’ai aimé surnommer les « protagonistes cerveaux ».

Ce livre, c’est aussi la critique à peine cachée d’un système de soin de santé à bout (qui par ailleurs est quasiment détruit dans le livre, mais le parallèle est aisé à faire avec notre réalité), gangréné par la place de l’économie avant l’humain. Complémentairement à ça, la folie des grands (thème que l’on retrouve d’ailleurs dans Dieu 2.0 du même auteur dont vous pouvez retrouver la chronique ici) et de ceux qui détiennent le pouvoir, avec l’introduction du personnage de Camacho, dont les accès de colère ne sont pas sans nous rappeler un certain monsieur orange à la houppette jaune. Je dois dire que ce personnage me faisait au départ beaucoup rire tant il était ridicule ; mais à la réflexion, il m’a ensuite effrayé : misogyne, profondément raciste et homophobe… Quand je fais (encore une fois) le rapprochement avec notre réalité, je me rends compte que ce genre de personnes arrivent au pouvoir, et peuvent détenir dans leurs mains des armes puissantes (genre le bouton rouge pour la bombe nucléaire).

L’intrigue est excellente, avec au milieu de tout cet imbroglio politique l’introduction d’une colonie aussi étonnante qu’effrayante (et qui donne d’ailleurs son nom au livre), les Darwiniens, pensant que la Nature sélectionne les humains aptes à survivre à l’épidémie ; et que ceux qui n’y résistent pas n’étaient pas essentiels à l’espèce humaine. Ils reprennent bien évidement la théorie de l’évolution de Darwin et la détourne pour ériger un seul homme en messager. Cela me fait également froid dans le dos, car ce discours n’est pas sans me rappeler celui de beaucoup trop de personnes actuellement. Et oui, l’individualisme et le pour-soi. On pourrait en parler des heures, mais c’est une tare de l’humanité qui tend à ressortir devant chaque problème, que l’on observe aussi dans le livre : les drones médicaux pillés, les magasins dévalisés…

Dans tout cela, on pourrait se dire que l’auteur part un peu dans tous les sens (et ma chronique aussi, mais ça, c’est juste mon cerveau qui a beaucoup de choses à dire mais qui ne sait pas s’organiser aha), mais vous faites là fausse route. Je reviens sur l’intrigue mais elle est remarquablement bien ficelée, il y a de l’action, du suspens ; on pourrait même suggérer qu’il s’agit d’un roman d’aventure avec des coups bas, des trahisons… L’auteur aime alterner entre les atmosphères (France, NUSA et même dans l’espace, c’est vous dire), pour distiller un peu plus ses indices et nous nourrir de rebondissements en rebondissements. La présence de nombreux acteurs est aussi une de ses signatures ; mais ils ont chacun une pierre à apporter à l’édifice, et vous découvrirez que rien dans ce livre n’est dit de manière anodine.

La question finale reste celle du résumé : comment un petit cardiologue de France a-t-il un quelconque rapport avec le début d’une 2ème guerre de Sécession dans une atmosphère politique chamboulée ? Pour cela, il vous faudra lire le livre ! J’espère que cette chronique vous en aura donné envie, et je vais vous dire une chose : je n’ai pas été le moins du monde déçue par la fin (il y en a même une alternative pour les mécontents), car j’ai été menée en bateau tout du long.

« Rien ne se perd, tout se crée, et se transforme en argent. »

Camacho revisitant Lavoisier. Il s’agira de la seule citation du livre (tout simplement car il y en avait trop et que je n’arrivais pas à choisir, mais celle-ci m’a vraiment marqué !)

PS : Saluons la performance de l’auteur qui, démarra l’écriture de ce livre avec la publication d’un chapitre toutes les semaines (traduit en anglais par Camille, la directrice de Beta Publisher), pour sortir de son esprit un roman de plus de 400 pages en à peine 4 mois, d’une grande qualité et avec des retournements de situation extrêmement réfléchis et pour le moins haletant.

À lire ou pas ? J’ai passé un super moment dans un livre que j’ai lu d’une traite, happée par la réalité effrayante qu’il nous décrit mais qui en fait un roman d’anticipation d’une grande qualité.

5/5 est ma note pour ce livre.

Cette chronique est dès à présent terminée (et je l’ai relu au moins 5 fois parce que la moitié de mes phrases ne voulait rien dire aha). J’espère qu’elle vous aura plu ! N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire que nous discutions !

Bouquinement vôtre, Jade

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