Chroniques·Thriller

Chronique 71 TRS – Edouard au bras sanglant par Sabrina Cervantes

Couverture du livre

Résumé : Paris, depuis quelques mois, semble devenir la scène d’horribles meurtres. Edouard tente par tous les moyens d’échapper à la petite voix qui lui ordonne de tuer. Ainsi, il échafaude de nombreux scénarios des plus rocambolesques afin d’échapper à ce démon qui le vampirise, le lobotomise, et fait de lui un tueur en série. Mais rien, rien n’y fait. Il reste le pantin de celui-ci. Ses victimes sont toutes des femmes seules, en quête du prince charmant. On les retrouve mortes, mutilées et suspendues devant une église. Un petit soldat de plomb est laissé sur le lieu du crime en guise de signature. Lorsqu’il retrouve sa mère biologique, quelque chose se passe en lui. La cadence diminue. Serait-ce sa mère qui tue la voix ? Mais les choses ne vont pas se passer comme il le souhaitait. John, l’inspecteur chargé de l’enquête, sera confronté à une multitude de rebondissements qui l’amèneront jusqu’à cet ancien foyer tenu par des sœurs religieuses, et pas à pas, il retracera l’histoire, l’enfance émouvante et tragique d’Edouard. Et John, l’inspecteur chargé de l’enquête, fera une terrible découverte.

Edouard au bras sanglant est un thriller écrit par Sabrina Cervantes et publié par les éditions Ex Aequo en septembre 2020. Je tiens à remercier la maison d’édition qui m’a permis de découvrir ce livre (et m’a permis de me replonger dans les thrillers, ça fait un moment que je n’en avais pas lu !).

Disclaimer : Cette chronique est mon propre avis et ne fait donc pas dogme. De ce fait, vous êtes totalement libres de vous faire votre propre avis de ce livre, que vous pouvez par ailleurs trouver par là.

Comme je vous l’ai dit plus haut, il y a bien longtemps que je n’ai pas lu de thriller. Je suis coincée en ce moment dans des dystopies et des romans d’anticipation, oubliant peu à peu un genre que j’affectionne tout particulièrement. Alors quoi de mieux qu’un court livre du genre pour me remettre en jambe ! D’autant plus que sur le papier, ça donne envie. Du meurtre, de la psychologie, une enquête sur fond de maltraitance, tout cela annonce une lecture qui se veut captivante (attention cependant aux lecteurs sensibles !).

Car une mort est un poison qui va d’organe en organe et John était celui qui actionnait la pompe. Il était celui qui prononçait les mots fatidiques, irréversibles, cruels : votre fille est morte !

D’un côté, on nous présente John, un inspecteur de police qui enquête sur le meurtrier de Montmartre, démembrant ses victimes et les pendant à des églises, une fois par mois. L’enquête piétine, et de nouvelles femmes, célibataires, se font tuer le soir. De l’autre, on atterrit du point du vue d’Edouard, le fameux tueur en série. Et on en apprend plus sur lui, sur ses origines, sur le trigger qui a fait qu’il est devenu ce qu’il est aujourd’hui. Habile est l’auteure qu’elle arrive à nous le faire prendre en pitié, à s’attacher si on peut dire à lui, devant toutes les sévices qu’il a subit ; on n’arrive pas à le détester et on voudrait qu’il s’en sorte, que la voix se taise et le laisse enfin vivre en paix. Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le veut et malheureusement, tout va de mal en pis. La psychologie de ce tueur est vraiment décortiquée pour permettre au lecteur de « comprendre » (c’est un bien grand mot) ses actions, et à développer une sorte de tolérance malgré l’ignominie de ses actes ; ce qui en fait quelque chose de vraiment novateur dans le milieu du thriller/polar, qui délaisse souvent son meurtrier pour dresser en héros son enquêteur, dévoilant au tout dernier moment les motivations de l’antagoniste et donc, nous laissant haïr « l’odieux personnages » jusqu’aux dernières lignes.

L’intrigue est vraiment bien pensée et réfléchie, avec pas mal de rebondissements qui donnent au livre un côté dynamique (qu’il possède déjà devant sa très courte longueur, à peine 100 pages). Les scènes de meurtre sont détaillées, parfois sans aucune pudeur (donc âmes sensibles s’abstenir), mais elles rendent totalement réelle l’ambivalence entre la personnalité tranquille du tueur qui se transforment à l’écoute de cette voix manipulatrice qui fait de sa vie un enfer. L’enquête est aussi bien construite, même si toutefois j’ai trouvé que certains passages empruntaient de sacrés raccourcis, notamment lors que John se persuade de l’identité du tueur après seulement un interrogatoire.

Elle remplissait son vide intérieur, son manque d’amour, ses fêlures, ses failles. Il se sentait revivre et devenir un homme semblable à tout le monde. La vie commençait enfin à lui sourire !

On ne peut que louer la plume de l’auteure qui se veut fluide et agréable, et apprécier le superbe travail qu’elle a fourni pour ce tout premier livre. J’ai tout de même des petites choses qui me chagrinent et je me dois de vous en parler (même si évidemment c’est mon avis et que les choses qui suivent n’enlèvent en rien la qualité du livre et de sa rédaction). En effet, les transitions entre les points de vue étaient parfois assez brusques, hachant le récit et me coupant dans mon élan (car la plume est addictive donc c’est un petit point négatif car ça altère la vision que l’on a du récit alors qu’en soit il est cool !), et l’aspect un peu accéléré de tout le livre. Encore une fois, il s’agit de mon avis et ces petites choses n’entament en rien le fait que j’ai apprécié ma lecture !

À lire ou pas ? Pour une immersion rapide dans le genre, sur un thème novateur et une excellente construction de personnages, vous savez où vous procurer ce livre.

3,75/5 est ma note pour ce livre.

La fin de cette chronique est arrivée, j’espère qu’elle vous aura plu et que ce livre vous aura intrigué ! Je vous laisse avec les autres articles du blog, et m’en vais m’endormir en essayant de ne pas cauchemarder après cette lecture mouvementée.

Bouquinement vôtre, Jade

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