Chroniques·Roman

Chronique 78 TRS – À la piscine avec Norbert par Véronique Pittolo

Couverture du livre

Résumé : À cinquante ans, quand on est une femme, il faut faire des efforts pour atténuer les petites rides et bien choisir ses petites culottes. Faire des efforts à la piscine quand on n’a pas la silhouette d’Ursula Andress ni la vitalité de Laure Manaudou. Des efforts, l’héroïne de ce roman en fait encore, le soir, pour rompre sa solitude sur les sites de rencontre, livrée aux faux-semblants du virtuel.
Avec Norbert (rencontré sur Meetic), elle baise, elle va à la piscine, elle parle de tout (de sexe, du salaire des patrons du CAC 40, des migrants, de metoo, de sa future (petite) retraite). Elle parle de poésie, il lui répond T’as pas d’autres sujets en réserve ? Il cite la sélection de l’équipe de France, elle préfère Kafka, il la voudrait en robe, elle préfère les pantalons.
À part ça, ils s’entendent bien lorsqu’ils évoquent la faillite de la gauche et l’arrogance du grand capital et des bobos barbus qui bossent dans les start-ups.
Un texte cru, drôle et enjoué, une claque féminine et féministe aux Houellebecq de tous bords.

À la piscine avec Norbert est un roman écrit par Véronique Pittolo et publié en janvier 2021 chez les éditions Seuil.

Disclaimer : Cette chronique reflète mon avis, et ne remet certainement pas en cause le travail derrière l’œuvre. Si vous souhaitez vous faire votre propre opinion de ce livre, vous pouvez vous le procurer en allant sur le site des éditions Seuil.

Livre reçu dans le cadre d’une Masse Critique Babelio (je tiens évidemment à remercier les éditions Seuil pour cet envoi), le résumé prometteur m’a fait débuter ma lecture avec beaucoup d’attente. Une femme en pré-ménopause, qui divague sur les sujets de la vie avec son copain Norbert, tout ça résumé avec humour, sur le papier, ça a l’air sympa. Mais c’est malheureusement pour moi une lecture en demi teinte, puisque je n’ai pas réussi à accrocher franchement à cette dernière. On nous y présente donc cette femme, sans nom, à la description vague hormis qu’elle aime prendre soin de son corps (et c’est un peu obsessif), qu’elle est proche de la soixantaine et qu’elle adooooore les parenthèses (un peu comme moi, donc ça va, ce n’était pas trop dérangeant). Elle représente surement bon nombre de sexagénaire, et c’est je pense une volonté de l’auteure pour que justement, ces sexagénaires puissent s’identifier plus facilement à notre héroïne.

« Nous nous sommes rencontrés sur Meetic. Puis nous sommes devenus des amis nautiques ».

Et cette héroïne, elle couche avec Norbert (mais pas que), elle nage avec lui (beaucoup) dans le grand bain de la piscine municipale où les douches ne sont pas accessibles aux sans abris ; et au milieu de ces parties de jambes en l’air et de ces mouvements de brasse (car le crawl n’est pas sa nage), ils discutent. Ils discutent du CAC 40, de leur maigre retraite à venir, de la place de la femme dans la société, du racisme… Car c’est un roman engagé qui tente de faire passer un bon nombre de message, société décortiquée par la femme blanche privilégiée (mais elle reste une femme, donc moins privilégiée qu’un homme blanc). Le tout sous couvert d’un cynisme assez destructeur, puisque notre héroïne a une vision du monde pessimiste et semble lassée la plupart du temps.

« Est-ce que le répertoire de positions, couple après couple, se modifie avec chaque nouveau partenaire ? »

Notre héroïne donc, semble assaillie d’un flot de pensées ininterrompues, presque désorganisées ; et je pense que c’est cela en partie qui m’a un peu perdu. Car même si les chapitres sont très courts, l’intense logorrhée de cette dernière (mais d’ailleurs, Norbert lui fait la remarque aussi) était peut être justement un peu trop exagérée. Elle est obsédée (le mot est fort mais si vous lisez le livre vous comprendrez de quoi je parle) par l’image de son corps, qui doit à tout prix rester ferme et beau, et c’est surement lié à un besoin de plaire ; car quand on vieillit, et notamment la femme par l’injonction de la société (comme elle le dit les mecs deviennent bedonnant mais personne ne trouve rien à redire), on a peur de ne plus plaire (alors évidemment ici c’est mon interprétation du livre, si ça se trouve l’auteure ne s’encombre pas du tout de tout ça mais c’est mon impression). Et puis, elle parle beaucoup cette femme, mais j’ai l’impression qu’elle n’entreprend aucune action… Elle regarde passivement, elle a une opinion mais elle ne fait rien.

« En effet, Homo erectus a révélé sa proéminence sexuelle, mais l’homme qui bande n’a jamais appartenu à une catégorie préhistorique précise, car de tout temps l’homme a bandé (son arc, son savoir-faire etc.) »

J’aimerais vous parler un peu de Norbert, car j’ai retrouvé dans pas mal de critiques une aversion pour cet homme. C’est vrai qu’il est déjà, un homme (je vais me faire engueuler je sens), blanc qui plus est et en plus s’il a lui aussi la soixantaine, il fait partie de la génération des baby boomer (si vous voyez où je veux en venir : sa vie n’a pas du être trop compliquée). Il est lourd, il laisse trainer sa queue partout, il pense plus à son propre plaisir qu’à celui de l’héroïne (bon bah ça c’est dit) ; alors bien évidemment qu’on n’a pas du tout envie de l’aimer. Mais je pense que c’est l’auteure qui dresse ici la caricature de l’homme blanc moyen de la soixantaine, et que c’est totalement fait exprès : elle veut qu’on le déteste ! Pari réussi (pour moi du moins).

« Avec tes questions interminables, nous aurons fait le tour du monde avant d’avoir atteint la fin de nos amours ».

Au final, ce livre est tout de même bien écrit (n’enlevons pas à l’artiste son talent), avec pléthore de messages importants. Je voulais au départ mettre juste la moyenne, mais la réflexion qu’a entrainé cette chronique m’a fait augmenter ma note. Je dirais que finalement, la seule chose qui me dérange vraiment c’est le pessimisme ambiant. C’est totalement subjectif, car j’ai une tendance à être énormément optimiste ; mais le livre fait prendre conscience de beaucoup de choses.

À lire ou pas ? Comme je l’ai dit, un peu trop de logorrhée et de pessimisme ont un peu entaché ma lecture, mais au final l’engagement du livre dans des luttes socio-économiques en fait une œuvre que l’on peut recommandé, surtout que ça se lit vite.

3,25/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu ! Ça fait longtemps que je n’ai pas mis de note aussi basse, mais malheureusement tout ne peut pas être un coup de cœur ! Avez-vous déjà lu ce livre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à laisser un commentaire que nous puissions discuter !

Bouquinement vôtre, Jade

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