Chroniques·Roman

Chronique 83 TRS – Le Crève-cœur par Maxence Fermine

Couverture du livre

Résumé : Un matin de mars 2020, un écrivain se réveille un poids bourdonnant sur la poitrine. Ce dont il souffre, c’est du crève-cœur, un virus mondial prenant les traits d’une guêpe qui entre par les voies respiratoires pour essaimer dans l’organisme et crever le cœur de son aiguillon dans les cas les plus graves. L’écrivain relate son calvaire, sa longue traversée en solitaire pour lutter contre les assauts d’un mal perfide aux milles visages.

Le Crève-cœur est une autobiographie romancée de Maxence Fermine, publié en janvier 2021 par les éditions Michel Lafon. Jai obtenu ce roman dans le cadre de la masse critique littéraire de janvier, je remercie donc Babelio et Michel Lafon pour cet envoi !

Disclaimer : cette chronique est le reflet de mon opinion personnelle et ne s’applique donc pas à tout le monde. Je vous conseille donc de vous en faire votre propre avis en vous le procurant par ici ou dans toutes les librairies bien sur.

Sur le papier, ce roman aurait du me plaire. Résumé prometteur, sujet d’actualité, à cela près que vous remplacez le Crève-cœur par la Covid ; Maxence Fermine a écrit pendant sa convalescence, tandis que ce dernier virus attaquait les cellules de son corps. Décidément, les symptômes de cette maladie chez les écrivains, c’est l’inspiration littéraire (poke Henri Duboc). Quasi autobiographique, ce livre nous présente donc son personnage principal, lui aussi atteint d’un virus meurtrier, le Crève-cœur, ce fléau à dard pointu qui poignarde la vie comme les émotions, qui taillade sans vergogne la vitalité des hôtes. Alors au départ, j’étais plutôt conquise.

L’aube est assassine, mais le printemps agit comme une promesse.

Et puis s’enchaînent les pages : 50, 100, un sentiment de déjà vu m’assaille à chaque fin de paragraphe. Je revis tout le confinement, les décisions gouvernementales, les applaudissements à vingt heures (dont l’auteur se moque allègrement d’ailleurs). Je suis le bataille contre la maladie, l’épuisement du système de santé ; et je ne sais plus distinguer le livre de la réalité, car tout ceci, je – nous l’avons vécu en direct. En parallèle, le protagoniste souffre entre rémission et rechute ; l’auteur nous livre sans pudeur son ressenti sur la maladie qui le détruit de l’intérieur, témoignage romancé étayé par la colère, la peur, la souffrance parfois crue et sans filtre.

L’écriture est poétique, presque lyrique ; et par ailleurs le protagoniste se passionne pour la poésie, s’en inspirant dans sa narration ce qui contraste avec la dureté du récit de la maladie. Les citations de poète se mêlent aux détresses respiratoires et aux hospitalisations ; tandis que les hallucinations s’immisce parfois dans son esprit, alunissant sur les draps trempés du lit, qui seront de toute façon trempés aussi la nuit suivante. L’amour, arme contre tous les fléaux (mais qui malheureusement flanche parfois), se mélange aux références littéraires et culturelles qu’il utilise pour étayer son histoire (source). Bien évidemment, l’auteur se sert de son personnage pour donner son avis de manière à peine cachée : théorie de la nature vengeresse, incompétence du gouvernement lors de la gestion de la crise… Et le vécu du couple dans la maladie, abordé d’une manière très touchante.

Si nul n’était capable de prédire l’avenir, personne ne s’attendait à ce qu’il soit radieux.

C’est sans conteste un livre d’une grande qualité, abordant un sujet pesant par ce témoignage à peine romancé. Mais je pense que ce n’est pas la bonne période (pour moi bien évidemment) pour le lire – il est assez répétitif, et j’ai l’impression de revivre encore et encore cette période qui semble ne plus s’en finir. Cependant, il sera important de se souvenir de son existence dans les années futures, s’en servant comme support de mémoire pour les générations d’après. Puisque même s’il m’est pour l’instant difficile de l’apprécier dans sa globalité, cela n’enlève rien au talent de l’auteur et cela n’invisibilise surtout pas ce qu’il a vécu.

À lire ou pas ? Comme je l’ai dit plus haut, ce livre retrace en fait l’histoire de la Covid sous le nom du Crève-coeur, à laquelle on ajoute l’histoire de la maladie chez le protagoniste. Les moments ne seront pas doucereux, beaux et tendres ; le virus est violent, sans cœur et choisit aléatoirement ses victimes. Maintenant que vous êtes informés, libres à vous de décider si vous souhaitez le lire.

3,5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée ! J’espère qu’elle vous aura plu ! Avez-vous déjà lu Maxence Fermine ? Si oui, quelles œuvres ?

Bouquinement vôtre, Jade

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