Chroniques·Polar

Chronique 87 TRS – Lignes Noires par Pierre Gaulon

Couverture du livre

Résumé : Deux suicides. Violents. Une vieille femme retrouvée les poignets entaillés dans son salon. Un officier de police qui se tire une balle dans la tête. Pour Grand-Mare, bourgade habituellement sans histoires, le compte est lourd et attire les curieux. Maryline Jane, journaliste des faits divers étranges, fait partie de ceux-ci. Mais l’enquête s’avère délicate et les langues difficiles à délier. En apparence, les victimes n’avaient pas de lien entre elles. En apparence seulement, car un objet les lie toutes. Un ebook.

Lignes Noires est un polar écrit par Pierre Gaulon et publié en mars 2021 chez BetaPublisher. Bah merci les loulous pour cette découverte, c’était carrément canon (je me perds déjà alors que j’ai même pas fait le disclaimer, ça s’annonce bien c’t’histoire).

Disclaimer : blabla mon avis est mon avis, blabla vous êtes grands faites-vous votre propre opinion, blabla mais le livre est vraiment cool, et vous pouvez vous le procurer par là ou bien encore par ici.

Qu’est-ce qu’un bon polar ? Deux flics, une enquête, une ex sympa qui rend service et donne des renseignements, et une intrigue qui se ficelle aussi vite qu’un rôti ? Pas vraiment, puisqu’un bon polar n’a pas de mode d’emploi. Un bon polar, c’est un livre qui vous donne envie d’enquêter, qui vous perd dans ses rebondissements, qui fait turbiner votre esprit à la recherche d’indice sur l’affaire. Eh bien je l’affirme, Lignes Noires est un bon polar. Pierre Gaulon n’en est pas à son premier essai, et ce livre-ci me donne envie de me pencher sur sa bibliographie. Comme je l’ai dit plus haut, ce polar est « canon » (je dis ça comme ça car c’est vraiment le mot qui m’est venu à l’esprit quand j’en étais à peu près à la page 30), et je vais vous dire pourquoi (oui merci, arrête de tourner autour du pot).

Morte. Mémina était morte. Depuis, l’impression qu’une menace, une ombre indéfinissable planait au dessus d’elle ne la quittait plus. Comme si le spectre de son amie cherchait à la prévenir d’un danger imminent.

Contexte : des gens se donnent la mort (en apparence ?), la presse ésotérique veut en faire ses choux gras, en la personne de madame Maryline Jane. Une femme de caractère, recollée à la colle forte après un accident de voiture qui lui brisa la jambe et le cœur. Et cet ebook là, qui effraie tout le monde, qui susurre son méfait derrière l’oreille des acquéreurs, au nom plus qu’évocateur (je pense que, si je dis le nom ici, c’est du spoil, donc je me tais et vous aurez le plaisir – ou pas – de le découvrir pendant votre lecture). Point commun bien étrange entre ces victimes que tout oppose, la grand-mère bibliophile, l’influenceuse éplorée et le policier de Grand-Mare.

L’intrigue est posée, le personnage principal en la qualité de Maryline Jane nous emmène avec elle dans son enquête, tandis qu’on apprend un peu plus à la connaître (et vous allez voir comme le terrain psychologique de cette dernière est important). On nous introduit également JH, le chasseur de fantômes, personnage décalé mais totalement en phase avec son état d’esprit (et il faut dire qu’il est très cool aussi). Et puis il y a Darkage, le créateur de l’ebook, qui le dissémine au gré de son plan machiavélique (je m’emballe ? je m’emballe. bon j’en dis pas plus parce que j’en ai déjà trop dit). J’ai adoré les interactions entre les personnages et leur caractère vraiment marqué qui les rend totalement vivant à mes yeux. Le duo Maryline – JH est excellent, mêlant curiosité, bon sens, un peu de rire parfois, empathie (mais sans pitié), et pléthore de connaissances qui permettent à ces deux protagonistes d’avancer dans l’enquête des suicides. J’avoue que j’ai envie de revoir cette paire dans un autre livre (et peut être que cela sera le cas, qui sait ?).

Le pouvoir de l’image et la puissance du symbole. Inutile de se cacher derrière des faux semblants, être honnête avec soi-même était un des premiers pas vers la rémission.

Je parlais de pléthore de connaissances, et l’on peut saluer l’énorme effort bibliographique dont fait part Pierre Gaulon pour donner une dimension de réalité à son roman. Il nous ancre dans un univers profond et aborde le pouvoir de la suggestion, qu’il met formidablement en scène dans des interludes aux allures innocentes, camouflant le délit dans des acrostiches, des phrases masquées, qui s’immiscent dans nos cerveaux pour mieux les influencer. Un jeu de l’auteur, taquin, qui nous enjoint même à contacter Darkage, avec cette adresse mail laissée en évidence.

Ce roman ne serait pas une réussite sans l’existence d’une plume aiguisée et de grande qualité, qui laisse dérouler les pages au rythme vivifiant (tiens, c’est un drôle de mot à utiliser dans un livre qui parle de suicide) d’une intrigue bien huilée, ponctuée de rebondissements et de traits d’esprit pertinents. Un page turner donc, qui se conclut en une jolie épanadiplose, pour rester dans le thème des figures de style littéraire (on aime bien ça à la rédaction).

À lire ou pas ? Un sans faute pour ce polar, que je conseille vivement ! J’ai passé un excellent moment, et franchement, j’en reprendrai bien un bout.

5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée. J’espère qu’elle vous aura plu ! Avez-vous déjà lu un des livres de Pierre Gaulon ? Si oui, lequel ou lesquels ? N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire, je serai ravie de papoter avec vous.

Bouquinement vôtre, Jade.

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