Chroniques·Roman

Chronique 89 TRS – Un Battement d’Elle par Gaston Marie

Couverture du livre

Résumé : « Comment imaginer devenir à nouveau insouciante lorsque l’on a projeté sa mort ? ». Telle est la question que se pose Sylvie face à l’annonce du cancer qui la ronge. Commencent alors le déni et la lutte contre ce qui semble impossible à battre.
S’enchaînent le dépit et la chute contre une maladie qui finira par l’abattre. Face à l’infaillible réalité, Sylvie plonge dans les abysses de l’existence, à la frontière entre la vie et la mort, l’être et le non-être… pour étrangement atterrir dans le corps d’un Autre. Un roman profond, philosophique et existentiel, qui plonge le lecteur dans la conscience d’une femme dont la vie oscille furieusement au fil des pages.

Un Battement d’Elle est un roman écrit par Gaston Marie et publié en février 2020.

Disclaimer : tw mort, cancer, sexe, fin bref vous avez capté. Ce livre tout à fait poétique contient donc des sujets que l’on pourrait qualifier de sensibles ; mais si vous n’êtes pas effrayés, n’hésitez pas à vous lancer dans la lecture de ce roman, que vous pouvez par ailleurs retrouver par ici.

Sylvie. Ma chère Sylvie, tu m’as émue, tu m’as tourmentée, j’ai pleuré à ton écoute comme j’ai prié pour ton envol. Sylvie, c’est cette femme de la cinquantaine, qui a l’âge de ma mère, qui a des filles qui auraient pu être à l’école avec moi ; et dont la vie ? – le destin ? – le karma ? – a décidé de l’encombrer du fléau de notre siècle, le cancer. Une tumeur du poumon qui grignote peu à peu sa capacité respiratoire et ses autres organes, tandis qu’elle lutte pour vivre. Touchante et véhémente, Sylvie m’a emmené dans son quotidien de patiente puis d’observatrice tandis qu’elle revivait l’existence humaine à travers les yeux de l’Autre. Je ne vous en dirai pas plus, pour vous laisser le plaisir (désespoir ?) de découvrir son histoire.

Plus je m’approchais de la sortie du labyrinthe et davantage on me rajoutait de bosquets à franchir, ils m’assuraient pourtant qu’il y a avait bien une sortie, j’étais la seule en train de courir jusqu’à l’épuisement pour m’évader.

Une chambre d’hôpital, un souffle saccadé, le contexte est posé. Une atmosphère étrange et familière, autant pour notre protagoniste que pour moi, aux relents de désinfectant et d’une blancheur passée. Un mari, aimant, des filles, qui tentent de cacher leur tristesse pour faire sourire leur mère souffrante, patiente qui essaie de rester femme, pour être autre chose qu’un cancer ambulant. Comme vous vous en doutez, au vu du résumé, ce livre n’est pas un feel-good, et vous aurez à lire des événements durs, tranchants, mais aussi émouvants de réalité. La détresse d’une femme mourante, la détresse d’un soignant impuissant, la détresse du choix d’un mari qui ne pense qu’à soulager l’amour de sa vie ; des messages forts qui me prennent à la gorge. J’y pense de nouveau, à l’heure où j’écris ces lignes, et les larmes menacent à chaque instant de dégouliner sur mes joues.

Un chamboulement. Une lumière qui s’éteint pour se rallumer, un esprit dont les pensées se meuvent à grande vitesse. C’est Sylvie, ou du moins, sa psyché. Qui se questionne, qui a des réminiscences. Pourquoi moi ? Je n’ai pas fini. Réveille-toi ! Lutte. Lutte. Ce n’est rien, tu survivras. Les questions existentielles se mélangent aux résurgences de sa vie, tandis que l’auteur narre avec poésie la dureté de la maladie à travers les yeux de la souffrance et de l’incompréhension, du fatalisme qui se mêle à la réflexion. Et puis un bras, une jambe, un cri, une Renaissance. Un renouveau en tant qu’observatrice, créatrice, mais pas dominatrice, bercée par la douce existence d’un nouveau né, puis l’arrivée de la maturité, l’ennui, le désespoir, une autre vie qui s’intègre à la sienne, là où elle voit par les yeux de l’Autre. Une cohabitation mouvementée, tolérée, rejetée, se mélangeant avec douceur comme du chocolat et du lait, ou se détestant comme l’huile et l’eau.

J’aimerais qu’ils me regardent, qu’ils me considèrent, qu’ils me laissent exister dans leurs yeux. Oui. Regardez-moi. J’existe encore. Je ne suis pas encore morte. Je ne veux pas disparaître. Laissez-moi me refléter sur vos cornées.

Fin. Prise de conscience. Lenteur, tristesse. Compréhension. Les phases de l’acceptation efface la colère et le déni, pour sourdre la fin d’une souffrance inimaginable sauf lorsqu’on la vit. L’auteur aborde ce sujet avec autant de pudeur que de brutalité, nous introduisant tous les points de vue, du malade à la famille, au soignant parfois démuni devant tant de détresse… Un livre lourd de sens donc, qui semble libérateur d’un fardeau qui assaillit chaque jour les personnes concernées, et dont le commun des mortels n’en a aucune idée. Merci à Gaston Marie d’avoir posé sa plume sur ce sujet si sensible mais pourtant si réel, car la qualité de son écrit en fait ressortir toutes les nuances sans jamais paraître grandiloquent ; avec une dose d’humilité et de bienveillance qui réchauffe un peu le cœur de la mécanique froide et placide que peu afficher parfois (souvent) la médecine.

À lire ou pas ? Oui. À 100%. N’hésitez pas à faire vivre ce petit livre qui le mérite.

5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura donné envie de lire ce livre d’une qualité sans pareil ! Vous pouvez laisser un petit commentaire pour que nous en discutions, mais toujours dans le respect s’il vous plait !

Bouquinement vôtre, Jade

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