Chroniques·Fantasy

Chronique 94 TRS – La Passeuse de Mots par Alric et Jennifer Twice

Couverture du livre

Résumé : Dans le royaume de Hélios, les mots ont un pouvoir. Celui de créer, d’équilibrer, puis de détruire le monde. Lorsqu’on les prononce, aucun retour en arrière n’est possible. Arya, une jeune fille de la capitale, est passionnée de livres. Elle en dévore chaque mot. Mais elle est loin de se douter qu’elle est la clé pour sauver son royaume, le seul qui ait restreint l’utilisation de la magie grâce à un traité. Un traité qui ne plaît pas aux rebelles, prêts à tout pour l’éradiquer. À l’aube des changements qui s’annoncent, les Mots se réveillent pour établir l’ordre dans le chaos, la vérité dans l’illusion.
Ils attendent leur Appel. Celui de la Passeuse de Mots.

La Passeuse de Mots est un roman de fantasy écrit par Alric et Jennifer Twice ; et publié chez Hachette en mars 2021. Je remercie par ailleurs Babelio et la maison d’édition qui m’ont permis de découvrir cette histoire !

Disclaimer : il faut de tout pour faire un monde, les goûts et les couleurs, toussa toussa vous avez l’habitude. Je préfère vous dire que vous pouvez vous procurer le livre dans n’importe quelle librairie si l’envie vous en prend, car mon avis ne chantera pas cette fois de louanges…

733 pages de fantasy. La promesse d’une lecture magique, intrépide, fascinante, avec une quête autour des mots (plutôt original) et une héroïne type girl power à la Tara Duncan (nos français ont du talent) accompagnée de ses acolytes aussi atypiques qu’attirants (ça c’est moi qui ai un faible toujours). Arya, une jeune femme de la vingtaine, pâtissière à ses heures perdues au château d’Hélios, s’enfuit dans les livres et leurs mots, ces mots précieux dont elle se délecte, et qu’elle savoure prononcer, regarder, imaginer. Elle ne se doutait bien évidemment pas qu’en échappant à une attaque de chevaliers glacés, elle perdrait la trace de sa famille et d’Aïdan, prince de son cœur (elle est bien trop gentille, le gars est acariâtre à souhait) et deviendrait une sorte d’Élue – La Passeuse de Mots, donc – qui tiendrait au creux de son instinct le sort de tout un royaume. Ça en fait des choses tu me diras. Et bien c’est sur cette promesse alléchante que je me suis engouffrée dans le pavé (peu rebutant pour ma part, j’aime bien les gros livres en général)…

… Et que j’ai perdu mon sang froid au bout d’une centaine de pages. Que je vous explique : dans un roman de fantasy, il est évidemment nécessaire que le contexte se mette en place, puisqu’il s’agit de la création d’un univers totalement nouveau. Pour ma part, je trouve que ce dernier est un peu superficiel. On a bien Hélios, qu’on s’imagine comme une ville de lumière, un port miteux et une ville scintillante quasi imaginaire dans les méandres sous-marines ; mais je n’ai pas réussi à me situer l’ensemble de l’action et de la quête, qui pourtant semble être un long périple semé d’embuches. L’intrigue est prometteuse, mais le déroulement de l’histoire est assez longuet, surtout la partie où l’on rencontre Killian Nightbringer, un homme mystérieux dont la moitié du visage est recouverte par un masque (on ne sait toujours pas ce qu’il y a derrière d’ailleurs), qui entreprend de former Arya à son nouveau don. L’entrainement de cette dernière est passablement intéressant, car il constitue la seule action dans cette partie du livre (on est aux environs des 200 pages).

Je ne sais pas depuis combien d’heures je suis en train de lire. Deux, peut-être cinq. Pour moi, le temps est un concept barbare. Il se définit par le nombre de livres dévorés et les aiguilles correspondent aux pages qui se tournent dans un bruissement familier et apaisant.

À partir de cet endroit, je dois vous avouer que j’ai du forcer la chose pour continuer le livre, mais l’histoire se dégoupille peu à peu pour devenir plus entrainante : le passage au Val de Fer par exemple, qui a grandement suscité mon intérêt (et pas seulement parce que je m’imagine Alric, le Dhurgal « adoptif » d’Arya très très charmant pour un buveur de sang), la bagarre dans le bar avec Sivane le pirate et sa troupe de fieffés marins ; et la découverte de nouveaux mots, comme Luna, que j’ai trouvé très poétique. Pourtant, j’ai toujours l’impression que l’atmosphère de ma lecture est assez mélancolique, et je pense que c’est dû avant tout aux personnages (ce n’est pas forcément mauvais, pas d’inquiétude).

En parlant de ces derniers, ils ont pour chacun le point commun d’être abimés par la vie, certains un peu plus que les autres. Arya, notamment, semble être la plus « innocente » des herbes de la vie, et elle tranche parfois avec sa naïveté et de son insouciance avec par exemple le général Saren, un de ses compagnons de route (au grand damn de Killian) qui lui est une âme torturée et qui éprouve un grand chagrin ; ou bien encore notre cher Dhurgal, qui, même s’il est repenti, possède dans ses bagages un lot de crimes qu’il souhaiterait oublier. Ils sont tous intéressant à leur façon, et vous aurez bien compris que je choisis Alric plutôt que Killian pour une triangle amoureux plutôt sympa (on a l’habitude des triangles amoureux, mais je sais pas j’accroche bien avec celui-là). Nightbringer est un cliché à lui tout seul et il m’agace, alors qu’Alric est la douceur incarnée (enfin autant que se peut un mec qui boit du sang humain et qui a faim tout le temps hum hum).

Je ne fais pas l’apologie de l’individualisme, Arya, mais d’un égoïsme nécessaire. Il est un mal bien plus grave que la vieillesse ou la décrépitude, ce sont les regrets.

Leur évolution est plus ou moins logique, même si Arya semble bien attachée à son côté (très) capricieux, qui a parfois été un peu difficile pour moi à apprécier. Il lui arrive de faire clairement n’importe quoi, et elle s’emporte pour des choses assez insignifiantes, chose que j’abhorre de manière générale (c’est très subjectif comme avis). Mais elle reste quand même attachante, et lorsque l’on s’accroche enfin au récit, on a envie de savoir quelle est la finalité de sa quête. Retrouver le prince Aïdan ? Devenir plus puissante grâce aux mots ? Ce livre est un premier tome qui se veut introductif, mais qui est un peu avare à mon goût en terme de détails sur la mission qu’elle doit accomplir. Peut être qu’un peu plus d’informations distillées au gré des pages ne seraient pas de trop (mais le livre est déjà très long tu me diras).

Globalement, ce livre a un fond très prometteur que je ne trouve pas assez exploité. L’univers pourrait être beaucoup plus détaillé et ainsi engouffrer le lecteur dans ce merveilleux que l’on attend lorsqu’on lit de la fantasy, plutôt que de rester sur une surface pailletée qui nous emporte parfois mais pas assez… C’est je pense son plus gros point faible. Mais du côté de la narration, il ne faut surtout pas nier le talent d’Alric et Jennifer Twice qui possèdent une plume extrêmement poétique et qui savent manier les mots avec fluidité, nous pourvoyant de métaphores littéraires d’une grande qualité. J’espère qu’ils prendront en compte les avis des lecteurs pour leur prochain tome, car je suis sure qu’ils peuvent faire quelque chose d’encore mieux et de carrément magique, car ils ne manquent certainement pas de talent.

À lire ou pas ? Une lecture en demi-teinte pour moi donc, mais la majorité des avis sont plutôt favorables. Je préfère donc vous dire que vous pouvez lire ce livre si vous n’êtes pas effrayés par les gros livres et que le résumé vous fait envie !

3/5 est ma note pour ce livre, tout simplement car il mérite plus que la moyenne à n’en pas douter, malgré les remarques que j’ai pu dire plus haut.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu ! Avez-vous lu La Passeuse de Mots ? Si oui, qu’en avez vous pensé ? N’hésitez pas à laisser un commentaire que nous puissions en discuter.

Bouquinement vôtre, Jade

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