Chroniques·Roman

Chronique 113 TRS – Journal d’un sans- mémoire Épisode 1 À la Croisée des Ponts par Raphaël Watbled

Couverture du livre

Résumé : Par une nuit de printemps, une jeune femme entreprenante aborde un jeune homme assis seul sur un banc et qui semble ne rien attendre, au milieu d’une avenue quasi déserte. Elle aime bien le caractère un peu détaché et énigmatique de Melvin. Il aime bien l’audace et l’effronterie de Patchi. Elle lui propose de la suivre chez elle, à trois pas de là, où elle convie aussi l’un de ses partenaires rencontrés sur le net.
Au terme de cette nuit étrange entrecoupée de moments sensuels, Melvin retourne auprès de la famille qui l’héberge depuis quarante-huit jours. Quarante-huit jours, c’est le temps qui s’est écoulé depuis qu’il s’est réveillée sous l’arche d’un aqueduc, totalement amnésique. Depuis, il tente de reprendre sa place dans la société, de traquer des indices susceptibles de lui révéler son identité… mais aussi de redécouvrir certaines voluptés. Qui était-il dans sa vie d’avant ? Quelqu’un l’attend-il et où ? Quel événement peut expliquer cette totale amnésie ? Ce livre relate les vingt-quatre heures d’une journée de sa nouvelle vie.

À la croisée des ponts est le premier épisode de Journal d’un sans-mémoire. Il a été écrit par Raphaël Watbled et publié chez les Éditions Ex Aequo en juillet 2021 dans la Collection Alcôve.

Disclaimer : ce livre est classifié PG16, il s’agit de littérature érotique. Après, je ne suis pas votre mère donc vous faites ce que vous voulez mais si vous êtes des petiots qui passent par là, vous n’êtes peut-être pas le public ciblé ! Et sinon, pour les autres, vous pouvez vous procurer le livre juste ici.

J’ai rencontré Melvin quand il est né une deuxième fois. Amnésique, ou plutôt sans-mémoire, ça fait moins médical dirait-il, les seules traces de son passé sont une montre et un vieux papier qui lui offrira son nom, tandis que sa peau est clairsemée d’hématomes et de blessures. Son âge lui est inconnu, comme sa vraie identité ; et c’est au détour de trois ponts qu’il renait. Et puis vite, ses instincts lui reviennent, ses réflexes inconscients, la seule chose finalement que la perte de mémoire n’efface pas. Et c’est peut-être ces derniers qui permettront à Melvin de recouvrer ses souvenirs, lorsque lors des séances avec le docteur pneumologue hypnothérapeute, ce dernier décortique ses réactions corticales primaires.

Aujourd’hui encore, je ne peux faire remonter mes souvenirs plus loin que ce réveil sous cette double arche de pierre, elle est mon premier souvenir, ma première vision, ma première perception, le premier stimulus ayant agi sur mes sens. Elle est ma naissance.

Melvin nous conte les premiers souvenirs qu’il se crée, dans une douceur et une sensualité étonnante. Le caractère de ce personnage est par ailleurs assez tendre, alors que sa situation n’aide pas au calme et au phlegme. Il a la curiosité d’un enfant et pourtant la prestance d’un adulte, la maturité d’une vie vécue, sans qu’on arrive à mettre un nombre sur son âge réel. Melvin est dans le flou, autant que nous, mais redécouvre les plaisirs de la vie, dans les bras d’inconnus, dans un bar gay, sur ce banc familier qu’il retrouve depuis son arrivée. Et ce sont toutes ces petits indices qui font que l’on arrive à s’imaginer peu à peu à quoi ressemble et ressemblait notre protagoniste.

Je ne lis pas trop de littérature érotique, car j’ai eu des mauvais exemples. Caricature pornographique, mots lourdingues et j’en passe ; mais la description de la collection Alcôve m’a donné envie et j’ai retrouvé un érotisme doux, poétique, des sensations qui glissent sur une peau frissonnante, tandis que les mots se mêlent aux sensations qu’éprouvent Melvin. Il nous abreuve de ses sens, de l’odorat au toucher, qui sont exaltés tout le long de son récit. Ce sont les odeurs qui l’enivrent le plus ; et on se surprend à humer l’air, pour retrouver les effluves lyrique d’une rencontre nue. Les interactions entre les personnages sont d’une beauté polissonne et j’ai adoré voir évoluer Melvin dans ce monde.

« Ça me rend complètement fou. Je connais des choses sans savoir comment, mais je ne peux pas vous dire à quoi ressemblent mes parents ! C’est insensé ! »

Ce récit est bien trop court, mais la promesse d’une suite ravie mon esprit. En épisode introductif, l’auteur nous montre déjà son talent de narrateur, avec une diction enivrante et un art de la description bien menée. L’atmosphère qu’il transmet de par ses mots est un véritable calmant, tandis que nous enquêtons avec Melvin et sa famille d’accueil. Tant est si bien que l’on dévore, comme Melvin et Patchi, les lignes voluptueuses d’un roman qui mêle les genres.

À lire ou pas ? Une véritable découverte que cet auteur et son livre, j’ai passé un très bon moment en compagnie de Melvin, Patchi et Olivier.

4,5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée ! J’espère qu’elle vous aura plu, et qu’elle vous aura donné envie de lire ce récit envoutant, car il en vaut bien la peine !

Bouquinement vôtre, Jade

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