Blabla

BB2 TRS – Loin du Cœur, l’aventure humaine en association avec Solidarité Femmes

Hello les petits chats, bienvenue à vous sur ce nouveau blabla (titre toujours aussi original pour un hors-série, bref) ! Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de quelque chose qui me tient beaucoup à cœur : vous l’avez sûrement vu lors de mes incessantes stories sur @thereadingsession, mais ce samedi a eu lieu l’inauguration de Loin du Cœur, le recueil de nouvelles sur les violences faites aux femmes, en association avec Solidarité Femmes. J’ai la chance de faire partie des 21 auteur.ices qui ont participé à ce beau projet, et je voulais vous partager mon expérience (car autant vous dire que c’était dingue, et c’est toujours autant génial). On y va ?

8 mars – Journée Internationale des Droits de la Femme

C’est en regardant bookstagram (aka l’insta des lecteur.ices askip), après une journée de révisions, que je découvre l’appel à textes de Beta Publisher. Une idée qui a germé dans l’esprit de Stéphane Bourles, un auteur déjà publié aux éditions Complicités pour deux romans historiques. Il se lance alors et en parle à Lucie (responsable communication de Solidarité Femme), qui est absolument partante. En recherchant une maison d’édition, il tombe sur Beta Publisher et Camille, connue pour son peps légendaire. De là se créé petit à petit ce projet, et est alors publié ce 8 mars 2021 l’appel à textes pour des nouvelles sur les violences faites aux femmes. Peu importe, la forme, le genre, les auteur.ices devront parler de ce thème comme ils l’entendent ; et pas moins de 150 personnes répondront à ce post. Ils auront jusqu’au 1er juin pour soumettre leur écrit.

27 mai – 3 jours avant la deadline

Le déclic. J’en ai vu des violences. À l’hôpital, quand j’écoute des patientes me raconter ce qu’elles vivent ; des amies, qui décrivent en pleurs des sévices d’une cruauté extrême… Tant de témoignages qui mériteraient d’être connus mais qui resteront dans l’angle mort d’une société qui fait l’aveugle. Alors j’écris d’une traite Miroir, en me servant de tout ce que j’ai entendu ou observé. Un puzzle immense qui se fabrique au rythme des touches d’un clavier, un mélange de récits scindés, machinés, remués encore et encore pour rendre indiscernable une quelconque identité ; le but n’étant pas de montrer une personne propre mais son message, et le message de tant d’autres. Une petite anecdote sur ce titre, Miroir : je l’ai choisi à la va-vite devant le délai, pensant que Beta allait le changer ; il est resté tel quel et finalement, ce simple mot illustre ce que cette nouvelle veut transmettre. Je l’aime bien, ce Miroir.

24 août – Centre de vaccination

Je ne sais plus combien de seringues j’ai pu remplir, mais sachez que tout ce travail a nécessité beaucoup de temps. Et une tendinite du coude en prime. Je traine en claquette-blouse (un style que vous auriez tous dû voir, c’est assez spécial) entre mon bureau des mélanges et le sas de vaccination, distrayant en passant mes collègues (vous savez comment je suis dissipée, mais promis aucun patient n’a été blessé au cours de mes blagues). Je sais que l’annonce des nouvelles retenues, c’est aujourd’hui. J’ai de l’attente, mais finalement, même si l’issue n’est pas celle que j’espère, n’aurais-je pas participé à quelque chose d’important ?
16h47, le bruit de mes claquettes raisonne sur le sol. L’issue est bonne, finalement, et Miroir verra le jour dans Loin du Cœur.

25 août – Festival Musical’Océan

Je suis avec ma grand-mère pour assister à un concert du quatuor à cordes Modigliani, une des formations de musique de chambre les plus renommées internationalement à l’heure actuelle. Elle vient de lire ma nouvelle, sur l’écran d’un téléphone timidement tendu, juste avant que les lumières s’éteignent et que nous nous mettions à écouter la danse des archets et des pizz qui chahutent. Et puis arrive « La jeune fille et la Mort », le quatuor à cordes en ré mineur de Schubert. Ma grand-mère s’approche de mon oreille et chuchote « tiens, cette musique va vraiment bien avec Miroir ». Elle a raison. Les morceaux de mon Miroir sont enfin complets.

27 novembre – BKNK Paris, le coffee shop littéraire de Beta Publisher

Un peu de temps s’est passé entre l’été et la sortie de la nouvelle. Symbolique, elle fait son entrée dans le monde littéraire le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Les billets de train sont déjà pris, et avec ma maman nous arrivons à 17h20 pour l’inauguration de Loin du Cœur au BookNook, dans le 9ème arrondissement de Paris. J’ai bien fait mes devoirs, et j’ai lu toutes les nouvelles la veille, engoncée dans ma couverture. J’ai découvert les récits de ces 21 auteur.ices : Juliette Galliani (amitiés très chère), Claire Sibille, Marc Jatteau, Stéphane Bourles, Françoise Osiek, Aurélien Bessard, Jeanne Gaudin, Antoine Lagarde, Nadia Bourgeois, Didier Gotthold, Sephora Calodat, Maë Le Cunff et Maya Flochet, Marc Gérard, Serge Goriely, Marie Clotide Bastide, Assia-Printemps Gibirla, Claire Conte, Elisa Burellier et Hélène Hérault. Quelques 200 pages qui se veulent témoignages ou fictions ; je n’ai pas osé demander la part du réel à ces noms, car les blessures cicatrisent mais laissent des marques si profondes. Nous avons pu échanger tous ensemble, signer nos exemplaires, de même que ceux de nos tout premiers lecteurs ; une expérience inédite pour moi qui n’ai jamais rien écrit pour de vrai. Un clap de fin qui ressemble plutôt à un départ ; une soirée qui se termine avec un burger à l’avocat et des étoiles plein les yeux.

Voilà globalement comment s’est déroulée mon odyssée avec Loin du Cœur et Miroir. Une aventure humaine et collective qui porte un message d’espoir, et dont tous les droits d’auteur sont reversés à l’association Solidarité Femmes, qui vient en aide à des milliers de femmes chaque année (mise en sécurité, hébergement, sensibilisation et bien d’autres actions encore). Car la violence est partout, sous toutes les formes. Elle ne discrimine personne et même en ce samedi 27 novembre, un énième féminicide a eu lieu. Il est temps que cela cesse.

Bouquinement vôtre, Jade

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