Chroniques·Roman·Thriller

Chronique 128 TRS – 77 Assassins par Henri Duboc

Couverture du livre @Beta Publisher

Résumé : Je m’appelle Damien Hachett : 34 ans, légiste et, à peine sorti de ses diplômes, catapulté médecin chef à l’Institut Medico-Judiciaire. Tard le soir, entre deux macchabées carbonisés ou livrés coupés en morceaux dans un joli paquet cadeau, j’écris aussi des bouquins. Jusqu’à ce qu’une nuit, mon plus vieux lecteur, à qui j’ai dédicacé le 77ème exemplaire de mon 1er roman, m’attende sagement sur ma table d’autopsie. Bien… et maintenant, que les ennuis commencent !

77 Assassins est un roman noir/thriller/inclassable écrit par Henri Duboc et publié chez Beta Publisher en juin 2019.

Disclaimer : Quelques scènes gores mais vous vous doutez bien que le mec est légiste, il va pas nous parler de son potager. De ce fait, n’hésitez pas à vous procurer ce livre dans toutes les bonnes librairies et sur l’internet (évidemment).

« Thriller qui fait rire et frissonner dans les transports en commun », totalement inclassable, je découvre 77 Assassins sur un marque page savamment caché dans la tranche d’un autre livre de chez Beta, L’Étoile d’Orion d’Aymeric Janier (que l’on salue par ailleurs). Curiosité attisée dès les premières lignes du résumé, tinté d’un peu de chauvinisme médical (comment passer à côté des livres du Dr Duboc), la cagnotte bouquin raisonne en gling gling de pièces qui s’entrechoquent (ou plutôt le bruit de mes doigts qui composent fiévreux le code de ma carte bleue). Le livre trainaille un an (plutôt deux) dans la pauvre bibliothèque Billy qui faseye sous le poids des manuscrits non lus (bientôt une centaine, c’est la décadence), mais sa couverture jaune me rappelle à l’ordre cet été. J’ai besoin de drôle, de sensas et de loufoque ; 77 Assassins répond avec de l’absurde, du fracas et de la satire qui picote (tout le monde en prend un peu pour son grade).

Rah les morts ! Des tortionnaires, pires que des patrons de multinationales. Ils ont coché l’option Repos Éternel, mais font bosser les autres sans relâche en se pointant à pas d’heure.
Arrêtons de râler. Mon client ne sera plus jamais pressé, au moins ai-je tout mon temps…

Les collègues littéraires m’ont bien prévenu : ça va décoiffer sévère, ça va partir en vrille et tu n’es pas prête pour ce qui t’attend. Bon, ils ne m’avaient pas menti. Un joli teasing qui décrit bien faiblement la folie littéraire de 77 Assassins, roman noir qui raconte sur fond d’humour huluberlhusse (celui-là il est cadeau) la vie bien tranquille rangée (enfin pour environ deux pages, après ça se corse) de Hachett, l’écrivaillon accessoirement médecin légiste, marié et papounet, une baby-sitter qui bave et surtout, un premier bouquin qui sort des tréfonds de l’enfer. Enfin je ne vous en dis pas plus, mais d’une façon mystérieusement mystérieuse, le dernier acquéreur d’Octet Noir se retrouve sur la table d’autopsie de notre cher Damien (là, comme vous avez déjà lu le résumé, vous vous dîtes elle radote, mais je préfère me dire que vous êtes attentifs).

De là commence la plus folle aventure que vous lirez (enfin que j’ai lu quoi mais on peut extrapoler un peu non ?). Sous couvert de jeux de mots plus pires les uns que les autres (charmants, au demeurant), d’une vulgarité potache et surtout d’un talent incomparable pour me faire mourir de rire dans des situations les plus cocasses (il suffit de dire prout liquide et vous me perdez cela dit), Hachett nous raconte l’enquête autour de la mort (des morts ehe, faudra lire le livre pour en savoir plus) qui tourne autour de lui. Une mystérieuse bouillie blanche, un papier jaune, des connaissances qui deviennent folles, un intestin cordelette et une scène apocalyptique dans un bloc opératoire. Vous avouerez volontiers que ça donne envie de découvrir le fin mot de l’histoire (ou le dernier chapitre ahahahah – oui je m’emballe pardon je souffle un coup).

L’ouragan assassin et mortifère qui a retourné la salle de réveil, c’est elle. Cela jette un drôle de froid de regarder une obèse, le crâne ouvert des deux côtés, la cervelle à l’air et la tête en sang, courir comme un lapin. Avec encore collés autour du crâne les champs opératoires : un énorme corps nu qui bouge comme une danseuse étoile, surmonté d’un grand torchon de papier vert qui balance dans le vent.

Au delà de tout ce que j’ai pu dire au dessus, et même si certain trouveront le style parfois « lourdeau » ou « caricatural », Henri Duboc nous offre comme d’habitude un travail d’écriture gigantesque, réfléchi, talentueux (insérer un autre superlatif, vous avez saisi) et qui sort totalement des sentiers battus. C’est débordant d’originalité et ça vous fera passer un très bon moment (même s’il vous faudra parfois retenir un – des – hoquet de dégoût). Alors, vous reprendrez bien un peu de bouillie blanche pour la route ?

À lire ou pas ? Quasiment sure que le plaidoyer du dessus indique qu’il faut lire ce bouquin, mais si vous voulez que je vous le redise encore une fois : ça vaut le coup, c’est drôle, c’est rapide à lire donc lisez-le (enfin si vous avez envie, moi je force personne).

5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu et qu’elle vous aura un petit peu donné envie de lire 77 Assassins. Et pour ceux qui l’ont déjà lu, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire que nous en discutions !

Bouquinement vôtre, Jade

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