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Chronique TRS 129 – Intrigue à Uçhisar par Alain Arnaud

Couverture du livre

Résumé : Semra, une traductrice turque, collabore pendant quelques jours avec Thibault, ingénieur commercial. Celui-ci est en Turquie pour négocier un contrat industriel de satellite d’observation avec les autorités militaires du pays. Leurs destins vont se croiser dans le cadre féérique de la Cappadoce, en Anatolie centrale. Au cours d’un travail de traduction à huis clos, ils vont faire face à un danger imprévu. Les évènements révèlent alors deux êtres sensibles traversant des épreuves personnelles. Le cours de leur vie en sera bouleversé.

Intrigue à Uçhisar est un thriller écrit par Alain Arnaud et publié dans la Collection Rouge des Éditions Ex-Aequo en janvier 2022. Je tiens à remercier les Éditions Ex-Aequo qui sont toujours ravies de me faire découvrir leurs nouveautés alors que je donne des signes de vie une fois l’an et que je suis toujours à la bourre (merci). Donc, ahem, on commence par quoi ? Ça fait un bail là. Euh ah oui, le fameux disclaimer.

Disclaimer *roulement de tambour* : on va faire un texte à trou aujourd’hui. À force, vous le connaissez par coeur, donc, disons que si vous voulez d_______ ce roman, n’hésitez pas à vous le p_______ sur l’internet, par là notamment.

Presque deux mois sans lire. De vrais livres, je veux dire. Un trou, une abysse monumentale qui grandissait sans vergogne tandis que mon cerveau ruminait dans les milliers de pages de textes médicaux. Et puis cette notification, Simplement Pro, d’un service presse que je devais déjà rendre, et dont le contenu ne m’était même plus familier. Je me reconnais, j’ai choisi un thriller, un petit bouquin d’environ 150 pages, que les Éditions Ex-Aequo (qui me proposent quasiment toutes leurs sorties, un grand merci à eux) m’ont bien vendu. Une escapade intrigante dans la Cappadoce, en Turquie, narrée par les soins d’Alain Arnaud.

Il ressent déjà les piqûres de sa défaite et de l’abandon. Réunir les débris d’un bonheur passé pour les restaurer lui paraît aussi illusoire que de vouloir récupérer des étoiles en perdition au fond du ciel pour les ranimer, au risque de s’abîmer sur les braises résiduelles.

Alors je découvre Thibault, cet ingénieur, père de deux filles, marié depuis 24 ans. Carriériste malgré lui, dont la vie familiale tangue maladroitement sur un fil au milieu du vide, les papiers du divorce au bout du nez. Il rencontre Semra au cours d’une mission classée secret défense. On est d’abord attiré par cette traductrice, solaire, et la relation qu’elle entretient avec notre ingénieur. On s’accroche à eux et à leur histoire comme à une seule et unique bouée, les yeux rivés sur cette rencontre pudique et délicate, le nez emplit de l’odeur du thé de la chambre d’hôtel, les oreilles savourant le bruit doux des doigts de Semra sur le clavier traducteur, le crissement des chaussures sur une colline, et les yeux remplis d’étoile en imaginant les cheminées de fées. Hors du temps, la réalité les (nous) rattrape bien assez vite, autant que l’importance de leur mission, qui finira par les mettre en danger.

Alain Arnaud mélange parfaitement les genres du thriller et de la romance. Il offre à ses personnages une sensibilité rare, qui les rend profondément humains. Thibault pourrait être un voisin, Semra une connaissance étrangère de longue date ; libre au lecteur de s’imaginer ce qu’il passe par la tête de nos deux protagonistes. Mais c’est avec habilité que l’auteur nous fait plonger dans ce monde immuable, le récit ponctué de description splendide de l’Anatolie centrale, rendant la lecture plus vraie que nature.

À l’image de la ligne de partage des eaux, ils ont atteint celle de la séparation des voies : chacun bascule de son côté et les volcans n’y peuvent rien. Celui de leur amour s’est éteint naturellement. Au bilan, le miracle est finalement d’avoir navigué ensemble aussi longtemps.

(Ma phrase préférée, c’est superbe)

La lecture est rapide, et comme j’ai pu le dire précédemment, on est profondément ancré dans cette histoire, qui nous offre par moment quelques scènes d’actions, ni trop violentes, ni trop bruyantes. Finalement, tout ce roman est un parfait équilibre, il symbolise le renouveau, l’acceptation de soi et des ses blessures, de ses tares comme de ses réussites. L’écriture d’Alain Arnaud est d’une justesse surprenante, les mots défilants dans l’esprit comme une rivière sage. Il n’y a pas un mot de trop, ce livre est encore une fois une harmonie sans fausse note.

À lire ou pas ? Une très belle découverte que Intrigue à Uçhisar, un thriller cosy à lire au coin du feu cet hiver (puisqu’on n’a plus le droit aux chauffages), surtout si vous ne connaissez pas la plume d’Alain Arnaud qui vaut laaaaaargement le détour.

5/5 est ma note pour ce livre.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu ! N’hésitez pas à laisser un petit commentaire que nous puissions en discuter, et surtout :

Bouquinement vôtre, Jade

2 commentaires sur “Chronique TRS 129 – Intrigue à Uçhisar par Alain Arnaud

  1. Un immense merci, Jade, pour votre excellente chronique et vos appréciations qui me touchent. Bonnes études de médecine sans négliger l’écriture et la critique littéraire, un équilibre délicat mais à votre portée, j’en suis certain. Avec mes meilleures pensées.
    Alain Arnaud

    J’aime

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