Chroniques·Fantasy

Chronique 131 TRS – The Girl with no soul par Morgan Owen

Couverture du livre

Résumé : À Providence, la dictature de l’Ordre est totale. L’âme de chaque citoyen est scrutée, contrôlée. Et gare à celles qui s’écartent du droit chemin : elles sont aussitôt reprogrammées. Iris, elle, ne possède pas d’âme. Elle est vide. Si cela lui permet d’échapper à la vigilance des Inspecteurs, c’est aussi ce qui l’empêche d’éprouver des sentiments et de se souvenir de son passé. Pourtant, au contact d’un bijou appartenant à une riche famille au pouvoir, son Étincelle, l’une des cinq composantes de son âme, se réveille. Des sentiments qu’elle pensait ne jamais éprouver surgissent et avec eux, un désir irrésistible de découvrir d’où elle vient. Qui a volé l’âme d’Iris ? Et pourquoi ? Pour le savoir, elle devra s’approcher au plus près des secrets du pouvoir. Désormais traquées par l’Ordre, parviendra-t-elle à rassembler les pièces manquantes de son identité… et à recoller les morceaux de son cœur ?

The Girl with no soul est un roman de fantasy écrit par Morgan Owen et traduit de l’anglais au français par Isabelle Troin. Il a été publié en octobre 2022 chez les éditions La Martinière Jeunesse, que je remercie ainsi que Babelio pour l’envoi dans le cadre d’une masse critique privilégiée.

Disclaimer : même si j’ai reçu ce livre gratuitement (et bien heureusement au vu de mes finances), mon avis restera le plus juste possible. Et par ailleurs, puisqu’un avis est toujours subjectif, n’hésitez pas à aller vous en faire un propre en retrouvant ce livre sur l’internet et dans toutes les bonnes librairies.

Iris est une sans-âme. C’est-à-dire que, littéralement, elle ne possède pas cet artefact de l’esprit, qui composé de cinq parties distinctes, est normalement logé dans le cœur de toute personne qui se respecte à Providence. L’Ombre, l’Étincelle, la Mélodie, l’Esprit et le Cœur s’assemblent pour former le souffle de vie, et se doivent d’être irréprochables. Car une âme viciée, c’est une âme qu’on réforme, pour la rendre pure. Alors les habitants de Providence sont épiés par les Yeux, arrêtés par les Inspecteurs qui découvrent leurs âmes et leurs méfaits ; ils sont envoyés au Réformatorium pour revenir blanc de tout pêché. Une atmosphère de dystopie assez effrayante qui promettait une récit intriguant, sur la recherche des morceaux de l’âme de notre protagoniste principale.

Ensemble, les cinq Maisons constituaient l’Ordre de Providence, le fondement de notre société posé voici plusieurs siècles. De temps à autre éclatait une révolte de mécontents – à n’en pas douter, des criminels à l’âme défectueuse – , mais l’Ordre demeurait inébranlable.

J’ai tout d’abord eu du mal à m’accrocher au récit. Mon esprit y associe des œuvres déjà connues aux descriptions de la vie d’Iris : des castes à la Divergente ou bien Hunger Games, l’ombre de Peter Pan, et encore d’autres similitudes (avec notamment Harry Potter et Twilight). Ce n’est évidemment pas dérangeant, mais assez proéminent pour que cela me saute aux yeux. Bref, c’est peut-être un hommage de la part de l’autrice, ou bien quelque chose d’inconscient ; mais c’est ce qui a fait que ma lecture a mis du temps à démarrer. Quand j’ai enfin réussi à me mettre dedans, de par le rythme un peu étrange du livre (dont parle très bien Khloë sur Babelio), j’ai été assez déçue du déroulement de la quête d’Iris.

La promesse est là : cinq fragments d’âme cachées sans indices (puisqu’en même temps que son âme, la mémoire d’Iris a disparu), cinq compagnons attachants qui la recueillent dans les Confins (aka les égoûts/sous-sols de la ville) alors qu’elle est chassée par toutes les forces de police de Providence, et une romance un peu mignonne pour agrémenter le tout ; mais je n’accroche pas. Le récit manque d’un ancrage à l’univers qu’a voulu créer Morgan Owen. Il y a bien les Réformatorium (là où on réforme les âmes), mais même ceux-ci ont du mal à s’imprégner dans mon esprit. J’ai aussi trouvé que l’autrice avait du mal à faire passer Iris pour une sans âme, même avec ses pérégrinations pensives qui nous répétaient sans cesse qu’elle n’avait pas peur puisqu’elle n’avait pas d’âme. Ainsi, et comme le dit très bien (toujours Khloë, décidément on a vraiment le même avis sur ce livre), le comportement d’Iris reste identique qu’elle ait ses morceaux d’âme ou pas. On a bien quelques informations lorsqu’elle les récupère, notamment les larmes qui l’agitent quand le Cœur revient, mais c’est assez sommaire pour que ça puisse avoir un quelconque impact. Et surtout, la rapidité déconcertante à laquelle elle trouve les pièces manquantes ? Elle a beaucoup de chance quand même, si vous voulez mon avis.

J’étais seule et perdue dans le noir depuis si longtemps que désormais, j’en faisais partie. J’étais Vide. Je n’avais pas d’âme et je m’en réjouissais, car cela me protégeait du pire que le monde avait à offrir.

L’histoire derrière Iris (mais également Evander, the love interest comme on l’appelle dans le milieu) est peut-être une des partie que j’ai réellement appréciée, avec la découverte au fur et à mesure de ses origines. On sent bien l’implication de l’autrice dans cette genèse de Ruby et malgré une vitesse de révélation fulgurante (tout arrive à la vitesse du son dans ce livre), je l’ai trouvée assez cohérente. De même, sa relation avec Evander, si l’on saisit bien tout l’envers du décor, est assez touchante et est une plus-value dans le livre. Mais chacune des révélations qui nous sont faites a le goût de l’âme pressée, qui délivre à n’en plus finir des informations en saccade.

Au final, un livre avec beaucoup de potentiel, une idée de départ assez innovante mais qui a été assez mal exploitée. Je n’enlève rien au talent d’écriture de l’autrice (et du travail de la traductrice) qui rendent la lecture agréable et d’une rapidité assez flagrante ; mais bien écrire ne fait pas tout. Un travail sur le fond et sur la structuration des idées serait un bonus pour rendre ce livre plus intéressant.

À lire ou pas ? C’est un livre totalement adapté à un public plus jeune et sûrement moins tatillon que moi, et qui se laisse lire (oui je l’ai dit trois fois mais je ne sais pas quoi vous dire d’autre). J’aurai pu l’aimer plus s’il y avait eu plus de travail sur la mise en place de l’univers. Une autre fois peut-être.

3/5 est ma note pour ce livre. La moyenne quand même car il y a du potentiel et que ça se lit très facilement.

Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu (même si elle vachement plus sévère que d’habitude, ça faisait longtemps que je n’avais pas été mitigée comme ça). Dans tous les cas, si vous avez lu le livre (ou si vous voulez juste discuter), n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire ! Et surtout,

Bouquinement vôtre, Jade

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